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mercredi, 06 juillet 2011

Attention, danger démocratique : Hadopi menace votre Liberté depuis cette nuit !

Hadopi : des dommages et intérêts dommageables pour les Internautes

Entre les mots et les faits, il y a parfois un écart gigantesque.

La Hadopi n’a pas cessé de claironner que son dispositif de « riposte graduée » était avant tout pédagogique. A grand renfort de pubs niaises, l’internaute était tour à tour informé puis culpabilisé.

Aujourd’hui, tenez-vous bien, on vient d’apprendre qu’en plus de vous couper Internet, vous allez devoir payer aux ayant-droits des dommages et intérêts… sans que vous puissiez vous défendre devant un juge !

Vous ne rêvez pas. L‘assemblée nationale a adopté la nuit dernière une loi permettant aux ayant-droits de réclamer des dommages et intérêts dans le cadre d’une ordonnance pénale.

Comme moi non plus, je ne savais pas ce qu’était une ordonnance pénale, j’ai attentivement lu l’article du Monde sur le sujet et voici ce qu’ils en disent :

« [L'ordonnance pénale] est couramment utilisée pour sanctionner les délits routiers. Rendue par un juge, l’ordonnance pénale n’a pas à être motivée, et est rendue sans que l’accusé soit entendu. Jusqu’à présent, les ordonnances pénales ne permettaient pas aux parties civiles de demander des dommages et intérêts, pour lesquels une procédure contradictoire était obligatoire. »

Oui, c’est la pédagogie selon l’Hadopi.

Les ayant-droits ont maintenant tous les droits.

En plus d’utiliser les fonds publics pour faire valoir leurs droits, en plus de vouloir poser des mouchards dans les ordinateurs des honnêtes internautes, en plus de pouvoir couper vos connexions Internet, ils vont aussi pouvoir exiger des dommages et intérêts.

Et la question qui tue : Comment un juge va-t-il évaluer le préjudice subi par les ayants-droits ?

Je rappelle que, pour l’ONU, la riposte graduée viole les droits de l’homme.

Et que le graphiste de l’Hadopi s’était mélangé les pinceaux en utilisant une police sans en avoir les droits.

Dans ce monde, il y a ceux qui font les lois et ceux qui les subissent… [Le Monde]

Nota Bene :

Il est fortement recommandé de faire opposition aux ordonnances pénales , qui sont des jugements arbitraires puisque la défense n’y est pas représentée.
Cette opposition vous renvoie devant un tribunal de police normal (pour une contravention) et a pour conséquence d’annuler l’ordonnance pénale et tout ses effets vis – à vis du prévenu. Comme si elle n’avait jamais existé !
Autre point : une ordonnance pénale n’est applicable que si elle a été signifiée au prévenu (information du prévenu par un courrier recommandé ou par huissier, un simple courrier ou un mail n’a aucune valeur juridique)

 

Sources:
Gizmodo.fr en partenariat avec 20minutes.fr
Photo : © Pakhay Oleksandr – Fotolia.com

mardi, 24 mai 2011

Ce sentiment intime de culpabilité qui vous accompagne...

Ce sentiment intime de culpabilité, votre fidèle compagne…

Vous avez fait quelque chose qu’on vous a toujours interdit : la culpabilité vous ronge.

Contrairement à la honte, la culpabilité est un sentiment que l’on peut ressentir sans le jugement d’autrui.

Par exemple, lorsque des critères personnels auxquels on tient ont été transgressés. La culpabilité est très utile car elle nous montre nos propres limites et nous incite à ne pas recommencer.

L‘éducation est souvent à la source de la culpabilité car ce sont les valeurs inculquées pendant notre enfance qui nous forgent et nous indiquent ce qui est bien ou pas. Lorsque nous agissons d’une mauvaise manière selon ces valeurs, nous nous sentons coupables.

Toutefois, la culpabilité peut être injustifiée car en grandissant nous pouvons nous détacher des valeurs parentales et s’en créer des personnelles. Dans ce cas-là, la culpabilité est souvent de courte durée et permet de rompre ce lien familial, de couper le cordon, si besoin.

Comprendre pourquoi vous vous sentez coupable Le plus important pour maîtriser sa culpabilité est de savoir pourquoi nous la ressentons. Est-ce parce qu’une règle n’a pas été respectée ? A été transgressée ? Va-t-on recommencer ? Grâce à ces réponses, il est alors possible d’évaluer la gravité de l’acte.

Car c’est de cela qu’il s’agit : qui dit culpabilité, dit faute grave. En examinant les conséquences de cet acte, on peut dire que nous sommes coupables (avons-nous blessé ?) ou simplement responsables (sans conséquence négative) ? La différence est grande.

En effet, la responsabilité n’implique pas de conséquences graves comme la culpabilité. Ensuite il est important de se demander s’il était possible de procéder autrement.

En plus, vous pouvez aussi vous demander qui avait fixé cet interdit et pour quelle(s) raison(s) ? En effet, si vos parents vous avaient interdit de manger des bonbons le matin lorsque vous étiez enfant, il n’est pas forcément logique que vous vous sentiez encore coupable à l’âge adulte…

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samedi, 21 mai 2011

Affaire DSK : "Oui, il faut prendre au sérieux la femme victime !"

Les hommes et femmes politiques français(es), ainsi que les médias, ont répété à l’envi que Dominique Strauss-Kahn était « présumé innocent ». Peu ont cru bon de préciser que la femme de chambre était, elle, « présumée victime »Jusqu’à preuve du contraire, et même si c’est un exercice difficile, on doit les croire tous les deux.

Il n’y a aucune raison de remettre en cause a priori la parole de cette femme: même si son statut social est considéré comme inférieur à celui de l’accusé, sa parole, devant la justice, vaut autant, et il faut se réjouir de ce principe d’égalité. Pourquoi n’est-ce pas le principe qui prévaut dans le traitement médiatique de cette affaire ? Parce que la victime présumée est une immigrée? Parce qu’elle est femme de chambre ? Ou simplement parce qu’il s’agit d’un crime sexuel et sexiste ?

La mise en doute de la parole des victimes de viol ou d’agression sexuelle est monnaie courante, beaucoup plus que pour d’autres types d’agressions. Leur entourage, puis parfois la police, peut les accuser d’affabuler, d’exagérer; au mieux, elles sont soupçonnées d’avoir été imprudentes, peut-être même tentatrices. Et si on finit par les croire, les pressions sont souvent fortes pour étouffer l’affaire.
C’est pour ces raisons que seule 1 victime sur 10 porte plainte, alors que plus de 75 000 femmes sont violées chaque année en France.

Dans cette mesure, comment reprocher aux femmes victimes de violences sexuelles de ne pas avoir parlé ou porté plainte immédiatement –comme on l’a entendu sur certains plateaux de télévision? Lorsque, au surplus, l’agresseur est un homme disposant d’une aura médiatique, d’une position sociale privilégiée, est-il si difficile d’imaginer leur sentiment d’impuissance et d’écrasement ?

Dans ce contexte, il faut saluer le courage de cette femme de chambre, qui maintient sa version malgré les pressions de l’opinion internationale voire les insultes, ainsi que celui de son employeur, qui l’a soutenue dans sa plainte contre un client pourtant rémunérateur…

Le soupçon systématique qui pèse sur les victimes d’agression sexuelle sévit de nouveau. Les commentaires au sujet de l’aspect physique de la femme de chambre plaignante, « peu séduisante » pour certains, « très jolie » pour d’autres, sont hors de propos : cherche-t-on à établir le profil type de la « bonne » victime ? Il n’existe pas, les associations d’aide aux victimes le savent. On voit bien, en revanche, quel est le but de ces remarques: si elle n’est pas séduisante, il n’y a, dit-on, aucune raison de la violer; si elle l’est, elle a donc aguiché; dans les deux cas, sa parole est disqualifiée. Par chance pour elle, l’enquête de voisinage se révèle favorable; ses voisins n’en disent que du bien et sa vie semble « moralement irréprochable », selon les critères retenus.

On comprend que le viol d’une femme désagréable avec les voisins et ayant plusieurs amants ne serait plus vraiment un crime!

LIBERTINAGE

Cette façon de jauger la légitimité de la victime renvoie à la confusion entre ce qui relève de la vie privée et des actes condamnables au regard du code pénal. Pourtant,entre des relations sexuelles et un crime sexuel, la frontière est claire: le consentement entre adultes. Un homme qui plaque une femme au sol et tente de lui arracher ses vêtements contre son gré, c’est une tentative de viol. Un homme qui, après avoir rencontré une femme dans un cadre professionnel, multiplie les messages insistants et grossiers, c’est du harcèlement sexuel. Un homme qui abuse de sa position professionnelle pour forcer une collaboratrice à avoir une liaison, c’est du harcèlement sexuel et un viol.

Un homme qui va, seul ou accompagné, dans des bars échangistes… il s’agit alors de vie privée. Lorsque les journalistes parlent de libertinage pour évoquer l’agression sexuelle dont Dominique Strauss-Kahn est accusé, ils participent de cette confusion et confortent la tolérance de notre société envers les violences sexuelles, au nom d’une pseudo-séduction à la française.

Pour faire reculer ces violences, il est essentiel d’écouter la parole des victimes, même supposées. Si la présomption d’innocence est un principe fondamental, elle ne peut être un alibi à la négation de cette parole. Dominique Strauss-Kahn dispose d’avocats efficaces, de moyens financiers, d’une famille et d’amis prêts à le défendre.

Souhaitons à cette femme migrante, mère seule avec enfant, autant de soutiens à l’heure où sa vie, en plus d’être bouleversée, va être disséquée.

Sources : lemonde, Béatrice Gamba, Agnès Guérin-Battesti, porte-parole de l’association Mix-Cité Paris

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samedi, 30 avril 2011

Pas facile de retravailler après un cancer...

Pas facile de retravailler après un cancer !

Quatre Français sur dix pensent que la réinsertion professionnelle est la principale difficulté de l’après-maladie, selon un sondage.

Et de leur côté, les patients confirment.

Dans une autre étude présentée jeudi à l’Institut Curie auprès de plus de 400 malades salariés, ceux-ci soulignent les difficultés de reprise de la vie professionnelle.

La première info est une bonne nouvelle. Près de huit salariés sur dix victimes d’un cancer retravaillent après leur maladie et d’ailleurs près d’un tiers des malades touchés par un cancer continuent de travailler. La seconde en revanche tire la sonnette d’alarme sur les conditions effectives du retour à l’activité professionnelle des personnes ayant été traitées pour un cancer. Selon le sondage que VIAVOICE* vient de réaliser pour l’institut Curie, si 43% des Français considèrent que la réinsertion professionnelle est la principale difficulté rencontrée après un cancer, ils sont tout de même 66% estimer que l’on peut parfaitement retravailler après un cancer.

La perception par les malades ou ex-malades est encore moins optimiste. A écouter Monique Sevellec, psychosociologue à l’Institut Curie et co-auteur d’une deuxième étude, « Répercussions du cancer sur la vie professionnelle » réalisée auprès de 402 salariés atteints d’un cancer en Ile-de-France, « le patient et l’entreprise ne sont généralement pas prêts à ce retour au travail. » Le résultat de cette enquête permet de définir les principaux obstacles à une reprise professionnelle réussie.

Côté patients, 61% se disent plus fatigués, 41% ont des troubles de sommeil et 33% de la mémoire et de la concentration. Perte de l’estime de soi, de confiance liée à la peur de la récidive sont par ailleurs les éléments les plus cités. Pire même, environ 20% des salariés « disent avoir été pénalisés dans leur emploi à cause de la maladie ». Côté vie de l’entreprise, on relève encore au chapitre des critiques formulées «l’incompréhension de la hiérarchie et des collègues », mais aussi « le dialogue insuffisant avec le médecin du travail.» Un dernier grief qui s’explique par le fait que pour 92% des salariés malades, ce dernier n’a pas été en contact avec les équipes soignantes. Quant à la fameuse «consultation de reprise», elle n’a concerné qu’à peine un quart des salariés. Certes, elle n’est pas obligatoire, mais tout de même...

Afin de lever ces obstacles, l’Institut Curie, par la voix de Monique Sevellec et du Dr Bernard Asselain, proposent « la mise en place d’actions concertées entre les différents acteurs ». Objectif : faciliter le passage du statut de malade à celui de personne de retour dans la vie. Dans l’immédiat, cette démarche prendra la forme d’un livret d’information « reprenant l’expérience d’anciens patients, qui permettrait au salarié une meilleure anticipation de sa situation ». Et demain, de la création de cellules de dialogue impliquant tous les acteurs concernés (salarié, médecin traitant, médecin du travail, oncologue, ressources humaines).

« Tout doit être mis en oeuvre pour aider les patients à entrer dans l’après cancer », affirme le Dr Laure Copel, responsable de l’Unité mobile d’accompagnement et de soins continus de l’Institut Curie. Pour mémoire, le Plan Cancer 2009-2013 fait de cette phase de reconstruction essentielle l’un de ses axes prioritaires. Chaque année, en France, près de 350 000 personnes sont touchées par un cancer. 100 000 d’entre elles travaillent.

* sondage réalisé par téléphone en deux étapes auprès d’un échantillon de 1007 et de 1006 personnes selon la méthode des quotas.

Sources : legeneraliste.fr,François Petty


mardi, 26 avril 2011

Suicides à France Télécom : laborieuses négociations sur le stress au travail

A France Télécom, les négociations sur le stress au travail, commencées en septembre après une série de suicides de salariés, se poursuivent tant bien que mal.

Deux accords ont jusqu’ici été soumis aux syndicats, qui doivent y répondre d’ici à vendredi. Ils concernent la mobilité au sein de l’entreprise et l‘équilibre vie privée-vie professionnelle.

Le texte sur la mobilité, qui instaure une politique basée sur le volontariat et rend exceptionnelles les mutations géographiques imposées, a été approuvé par la CFTC et la CFDT. SUD, troisième syndicat, a salué un « texte important » mais n’a pas signé, car le document « ne comporte pas d’engagement sur une politique de stabilité à long terme et sur une politique de recrutement important ».

4 autres négociation en cours

Le texte sur sur l’équilibre vie privée-vie professionnelle, qui harmonise les règles pour les congés pris en raison d’événements familiaux ou personnels, n’a en revanche été paraphé que par la CFTC. La CFDT et SUD l’ont rejeté, estimant qu’il « manque d’ambition ».

Quatre autres négociations sont encore en cours au sein du groupe : elles portent sur l’organisation du travail, les conditions de travail et les institutions représentatives du personnel, auxquelles s’ajoute une négociation sur la déclinaison de l’accord interprofessionnel sur le stress.

Selon la direction de France Télécom, 35 salariés se sont suicidés en deux ans. Depuis le 1er janvier, huit salariés ont mis fin à leurs jours, tous en dehors de leur lieu de travail, selon syndicats et direction.

Source : lemonde.fr

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mardi, 05 avril 2011

Une journaliste dénonce une censure des labos dans la presse médicale

L‘affaire du Mediator (médicament aux effets secondaires potentiellement nocifs, voire mortels, autorisé et prescrit durant des années) a montré les liens parfois trop proches que peuvent entretenir un grand laboratoire pharmaceutique comme Servier et les autorités de santé. Mais l’influence des labos peut s’exercer aussi dans un autre domaine : celui de la presse médicale.

Voici quelques jours, Virginie Bagouet a quitté Impact médecine après des mois de conflit avec sa hiérarchie. Elle travaillait depuis février 2008 dans ce magazine spécialisé à destination des généralistes. Mardi 5 avril, elle est auditionnée à sa demande par la mission commune d’information du Sénat sur le Mediator.

Mails et pièces à l’appui, la journaliste dénonce en effet des censures, explicites ou implicites, de son travail, notamment par rapport à Servier.  Le journal, lui, estime avoir « respecté l’éthique ».

ARTICLES EN RELECTURE CHEZ SERVIER ?

Craignant les foudres du laboratoire, l’un des principaux annonceurs de l’hebdomadaire, la rédaction en chef aurait ainsi, selon l’ex-salariée, refusé de parler du livre du docteur Irène Frachon, Mediator 150 mg, combien de morts ? (Dialogues.fr, 2010).

Même après l’étude de la Caisse nationale d’assurance-maladie sur ce médicament, qui confirmait, en octobre 2010, les craintes du Dr Frachon, Impact médecine n’a pas fait état de ces critiques. « Notre rédactrice en chef a accepté qu’une des journalistes fasse un article. Mais son papier, très factuel, n’a finalement pas été publié. Raison invoquée par la rédaction en chef : ‘C’est trop sensible »’, raconte encore Virgine Bagouet.

Interrogée par Le Monde.fr, la directrice de la rédaction d’Impact Médecine, Anne Prigent, relativise : « C’est vrai, nous n’en avons pas parlé, mais comme l’ensemble de la presse. Nous n’avons pas de rubrique ‘Livres’ et nous ne voyions pas la nécessité, à sa sortie en juin 2010, de revenir sur cette affaire, puisque le Mediator a été interdit en 2009″.  Elle dément toute « censure », « à moins que vous appeliez censure la réécriture d’articles mal construits », et dénonce un « mauvais procès ».

« NOUS NE SOUHAITONS PAS VOIR FIGURER LE GRAPHIQUE »

Autre exemple cité par la journaliste, qui concerne toujours le laboratoire Servier : « J’ai été envoyée, fin août 2010, suivre un congrès de cardiologie à Stockholm, où était présentée une étude importante de Servier sur un de ses médicaments, le Procoralan. L’article que j’ai écrit a été envoyé en relecture à Servier pour ‘validation scientifique’ », se souvient la journaliste.

« J’étais en copie des mails, j’ai vu la relecture par le laboratoire. Des modifications ont été apportées, dont une erreur. » Et lorsque la journaliste demande à sa rédactrice en chef des explications, Virginie Bagouet indique qu’elle s’est vu répondre : « Servier est content ».

Anne Prigent réfute en bloc : « Nous ne faisons pas valider nos articles par Servier, ni par aucun autre laboratoire. Il peut arriver qu’il y ait relecture, au niveau scientifique, par des experts, pour des précisions techniques. Les conférences sont souvent en anglais et on décrit rapidement des choses complexes, qui peuvent nécessiter des éclaircissements. » Contacté, le laboratoire Servier n’a pas souhaité répondre aux questions du Monde.fr

Pourtant, des échanges de mails que Le Monde.fr a pu consulter posent question. On y constate qu’une directrice de clientèle d‘Impact Médecine est en relation régulière avec un cadre de Servier à propos d’articles à paraître. « Pour la relecture, êtes-vous là vendredi ? », lui demande-t-elle. Ce dernier répond : « N’hésitez pas à m’envoyer les articles à relire. » Quelques mails plus tard, il écrit à la directrice de clientèle : « Je vous confirme que nous ne souhaitons pas voir figurer le graphique. »

« LES RÉDACTIONS SE METTENT AU SERVICE DES LABOS »

Pour expliquer les censures qu’elle dénonce, Virginie Bagouet avance une raison avant tout économique. « Je n’ai pas le chiffre précis mais la publicité des laboratoires représente l’essentiel des revenus de la revue », précise la journaliste qui poursuit : « A chaque fois qu’on a voulu parler du Mediator, on nous a répondu que, la dernière fois que le journal avait critiqué Servier, celui-ci n’avait plus commandé de publicité durant six mois, mettant en péril les finances. »

Le député PS Gérard Bapt, président de la mission d’information parlementaire sur le Mediator, a reçu Virginie Bagouet. Il se dit « scandalisé ». Et tout particulièrement par un épisode cité par la journaliste : à l’occasion d’un dossier sur la rhumatologie, la moitié de son article a été, selon elle, réécrit et un encadré vantant les mérites d’un médicament de Servier inséré à son insu.

L’article était signé d’un prête-nom : une certaine Claire Bonnot. Une signature utilisée, d’après la journaliste, pour tous les articles vantant les produits du laboratoire. « C’est faux, répond la directrice de la rédaction, Anne Prigent. Claire Bonnot est un pseudonyme utilisé depuis des années pour les articles écrits ou modifiés par la direction de la rédaction, en aucun cas uniquement pour Servier. »

« En commission, les responsables d’Impact Médecine nous ont assuré que cette  personne existait, qu’il s’agissait d’un article écrit de manière indépendante. En fait c’était faux, tout avait été relu et corrigé chez Servier », fustige Gérard Bapt, furieux de ce « chantage à la pub ». « Les rédactions se mettent au service des labos parce qu’il faut vivre », constate l’élu, qui estime que la pratique touche la plupart des journaux spécialisés à destination des médecins.

« LES MÊMES PRESSIONS DANS TOUTE LA PRESSE »

Si Virigine Bagouet a quitté la revue, elle ne se fait pas d’illusion : « Je pense que j’aurai du mal à retrouver un travail dans la presse médicale, sourit-elle. Je n’ai pas eu à pâtir de ce genre de pratique avec d’autres laboratoires, mais je sais que cela existe. » Et d’ajouter : « Servier a un mode de communication un peu archaïque, les autres sont plus subtils dans leurs techniques de communication. »

Et le problème de fond demeure : « La crise rend cette presse encore plus dépendante des annonceurs. » Même un scandale comme celui du Mediator ne suffit pas à ébranler ce rapport de force. « Ce qui m’a décidé à témoigner, c’est de voir la presse médicale nier en bloc et jouer la vertu. C’est grave », estime la jeune femme.

Pour Anne Prigent, « les pressions dans la presse médicale sont les mêmes que dans toute la presse. Nous y répondons de la même manière. Les labos sont nos annonceurs principaux, c’est clair. Mais on fait notre travail avec éthique. »

Gérard Bapt, lui, se montre pessimiste : « Il est difficile d’encadrer les pratiques de la presse médicale. On évoque la possibilité d’imposer des espaces de publication pour les agences officielles mais cela n’aura pas un impact énorme. Ce sont les instances de régulation de la publicité qui devraient agir. » L’élu souhaite toutefois que ces expériences incitent les médecins à prendre du recul lors de la lecture de ces revues,« qui ne sont bien souvent que du matraquage pour certains produits« .

Sources : Samuel Laurent, lemonde.fr

lundi, 04 avril 2011

Alcool : qu'est-ce que l'intoxication? Comment est-ce qu'on la mesure ?

Au sens clinique, l’intoxication fait référence à une altération de l’état de conscience ou des facultés, suite à une grande consommation d’alcool lors d’une occasion.

Au plan physiologique, l’intoxication résulte d’une accumulation progressive d’alcool dans le système, ce qui se produit lorsque l’absorption d’alcool est supérieure à son élimination (Nadeau & Biron, 1998). Cela peut être mesuré par le degré de concentration d’alcool dans le sang.

Cependant, cette mesure objective n’exclut pas qu’il faille déterminer un seuil au-delà duquel on considère qu’il y a altération des facultés, et donc intoxication.  Par exemple, en matière de conduite automobile, la législation canadienne fixe ce seuil à .08g par 100 ml de sang.  Ce type de mesure est notamment utilisé pour comptabiliser les cas de suicides ou d’accidents où l’intoxication peut être mise en cause.

Les mesures cliniques ou physiologiques sont cependant difficilement utilisables dans le cadre d’enquêtes populationnelles.  En l’absence de telles mesures, l’intoxication est une réalité difficile à cerner.  En effet, une même quantité d’alcool consommée lors d’une occasion n’a pas les mêmes effets physiologiques pour tous, tout dépendant de la vitesse d’absorption et d’élimination.

Il n’existe donc pas de consensus parmi les chercheurs quant à une définition opérationnelle de l’intoxication (Heath, 1995).  Les indicateurs utilisés sont plutôt des indicateurs de grands volumes consommés lors d’une occasion de consommation ou de la perception subjective de l’intoxication par les répondants (voir le tableau en annexe concernant les différentes mesures utilisées dans les diverses études mentionnées dans ce texte).

La quantité consommée

La mesure la plus couramment utilisée en Amérique du Nord est la fréquence de  cinq consommations ou plus par occasion (5+) (Room, 1990). Cependant, certaines études suggèrent également le critère de quatre consommations ou plus par occasion (4+) pour les femmes (Wechsler et al., 1995b).

Plus rarement, un critère de huit consommations ou plus par occasion (8+) est aussi utilisé (voir notamment Knupfer, 1984).  Il est à noter que ces mesures ne sont pas réellement des mesures d’intoxication puisqu’elles ne tiennent pas compte du laps de temps que dure l’occasion de consommation et ne nous renseignent donc qu’indirectement sur l’altération des facultés.

La perception subjective du répondant

Certaines enquêtes, notamment les enquêtes scandinaves (voir notamment Hauge &  Irgens-Jensen, 1986; 1990; Rossow, 1996), interrogent directement les sujets sur la fréquence à laquelle ils s’intoxiquent, sans définir le concept d’intoxication.  Dans ces pays, l’intoxication fait partie de la culture de consommation d’alcool et renvoie vraisemblablement à une consommation fort différente de celle mesurée par la fréquence de consommation de 5+.

Malgré des différences importantes dans la façon dont l’intoxication est mesurée, toutes les études convergent pour montrer l’association entre l’intoxication et la probabilité de rencontrer des problèmes de différents ordres, et ce, en contrôlant pour le volume consommé (Kuzminski & Demers, 1998).

Ainsi, l’intoxication a un effet propre qui se retrouve peu importe le type de buveur, qu’il soit dépendant ou modéré.

Cependant, dans l’état actuel des connaissances, il est impossible de chiffrer avec précision l’impact négatif global des intoxications en termes de santé et de bien-être.

En effet, le risque associé à l’intoxication varie selon la nature des problèmes, les caractéristiques des individus, le contexte culturel et, bien sûr, selon l’indicateur d’intoxication utilisé (Harford, Grant & Hasin., 1991; Hauge & Irgens-Jensen, 1986; Knupfer, 1984; Mäkelä & Mustonen, 1988).

 

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samedi, 02 avril 2011

Cadres : champions du stress et des choses inutiles

Les cadres français perdent encore jusqu’à 15% de leur temps de travail à des tâches improductives. Ils pourraient facilement les éviter.

Paris, le 28 Février 2011 – Les cadres français figurent parmi les plus productifs du monde, c’est connu.

Malgré nos cinq semaines de vacances, nos horaires flexibles, nos jours fériés à rallonge, nos RTT, nous n’avons pas notre pareil pour exploiter la moindre minute de travail.

Trêve de triomphalisme, la vérité est moins idyllique. Il nous reste beaucoup à faire pour être plus efficaces, et nous sommes aussi les champions du stress !

Une étude menée par l’éditeur Mindjet à la fin 2010, intitulée « La Valeur d’une Heure », montre que les cadres français pourraient encore économiser sans grand effort jusqu’à 15% de leur temps de travail, simplement en étant plus efficaces dans leurs tâches quotidiennes les plus courantes.

Ce qui représente des centaines d’heures perdues par an et par individu.

Malgré nos systèmes informatiques de plus en plus sophistiqués, nos moyens de communication toujours plus performants, nos mobiles connectés en permanence, nous passons encore beaucoup trop de notre précieux temps à faire des choses inutiles.

Avis à tous ceux d’entre nous qui se plaignent d’une surcharge de travail chronique et du stress envahissant !

Selon l’étude, menée auprès de 1000 cadres d’entreprises, les gisements de productivité supplémentaire proviennent d’abord de réunions insuffisamment préparées et infructueuses, puis d’un manque de communication interne et collaboration au sein des équipes, d’une gestion inefficace des flux d’informations, et enfin d’une gestion inadéquate des projets.

Ainsi nous passons en moyenne 830 heures par an à préparer et suivre des réunions, sur lesquelles nous pourrions gommer près de 300 heures en étant plus efficaces. Sur le plan purement financier, sur la base d’un salaire annuel de 50.000 €, cela représente une économie pour l’entreprise de plus de 7100 € par an et par individu.

De même nous passons près de 470 heures par an à gérer et analyser les informations toujours plus nombreuses que nous recevons quotidiennement, sur lesquelles nous pourrions retirer 160 heures. Ou encore nous occupons plus de 520 heures de notre temps de travail annuel à communiquer et à travailler en collaboration avec nos collègues, en « gaspillant » allégrement près de 200 heures.

Mais ce que l’enquête met aussi en évidence, c’est que toutes ces heures perdues peuvent être rapidement évitées et « regagnées », moyennant un investissement minime et sans bouleversement de l’organisation.

En mettant simplement en oeuvre une extension à la suite bureautique standard, capable d’apporter à la fois une meilleure gestion quotidienne et une meilleure circulation de l’information au sein des équipes, et de nouveaux processus favorisant le travail collaboratif.

Sans modification des postes de travail ni programme de formation à grande échelle. Avec un retour sur investissement de quelques mois.

Les solutions les plus simples sont souvent les plus efficaces.

Jean Renard
Directeur de Mindjet France

À propos de Mindjet

 

 

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lundi, 28 mars 2011

"La loi sur la psychiatrie est absurde, incohérente et inapplicable !"

"Les députés ont adopté en première lecture dans la nuit du 16 mars, le projet de loi "relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l'objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge". Le vote solennel du projet a eu lieu mardi 22 mars, avant d'être envoyé au Sénat pour examen. Mais, il n'y aura pas de seconde lecture.

Le gouvernement ayant choisi la procédure accélérée, le texte, même éventuellement modifié par les sénateurs, pourra être adopté selon la première lecture de l'Assemblée nationale ! Pourtant ce projet de loi provoque un basculement radical de la pratique psychiatrie, une transformation démente et inquiétante de la psychiatrie !

Les équipes soignantes vont être transformées par cette loi en une "police sanitaire psychiatrique" dont le rôle va être réduit à "surveiller, contrôler, injecter" !

Cette loi a été voulue par le président de la République réagissant dans l'émotion et la précipitation au meurtre d'un étudiant par un malade. Cette loi devrait concerner les personnes actuellement sous contrainte, c'est à dire 70 000 personnes sur les 300 000 hospitalisées. Mais elle est organisée à partir des situations en hospitalisation d'office, c'est à dire 10 000 personnes ! Elle a pour socle, le présupposé totalement erroné sur le plan scientifique, énoncé par le président en décembre 2008 : "Tous les malades mentaux sont potentiellement dangereux, potentiellement criminels !"

Ainsi l'ensemble des personnes soignées en psychiatrie, celles qui choisissent librement de se soigner, c'est à dire 80 % des malades hospitalisés, mais aussi les trois millions de personnes ayant consulté et traités pour un trouble psychique vont se retrouver confrontés "par contamination" aux mêmes a priori, aux mêmes préjugés, aux mêmes risques, et tomber potentiellement dans les "soins sans consentement".

Ce message terrible, ravageant, faisant appel aux peurs ancestrales de la folie, désigne à la vindicte populaire ces personnes, amplifie la peur de l'autre, renforce la stigmatisation. La loi vient l'instituer de façon insupportable, indigne !

Les 23 000 signataires de l'Appel lancé par le Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire : "Réforme de la psychiatrie : une déraison d'Etat", la totalité des syndicats de psychiatres – fait inédit – le syndicat national des psychologues, les syndicats de personnels soignants, des associations de psychanalystes, des associations de patients, des associations de familles, le Syndicat de la magistrature, plusieurs centaines de manifestants mardi 15 mars devant l'assemblée, rien n'y a fait !

La psychiatrie est pourtant dans un état catastrophique depuis plus de dix ans. Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté vient de rendre public un rapport accablant sur la situation dans les hôpitaux psychiatriques. Sa conclusion, la psychiatrie est un monde caché, "et dans ce monde-là, ce n'est pas tant la loi, quelle qu'elle soit qui est en cause, mais la réalité des pratiques" !

DÉRIVES

Depuis deux ans qu'il s'est constitué, le Collectif des 39 dénonce la dérive des pratiques, des situations de maltraitance des malades, la banalisation des contentions, l'abandon des familles à leur désarroi. Les Etats généraux de la psychiatrie en juin 2003 avaient déjà réclamé vingt-deux mesures d'urgence pour tenter de lutter contre le péril menaçant l'ensemble de la psychiatrie !

Cette situation n'est en rien dû à la mauvaise volonté des soignants, à une indifférence au sort des malades et des familles. Elle est le résultat de plusieurs éléments : conception de la maladie mentale qui s'est imposée avec le scientisme dominant des dernières années, formation indigente des psychiatres réduite aux seuls traitements médicamenteux, absence quasi-totale d'une formation digne de ce nom pour les infirmiers, laminage des esprits par l'idéologie de l'hôpital-entreprise, de la gestion bureaucratique parachevée par la récente loi Hôpital, patients, santé, territoires, à la pénurie organisée, enfin absence de budget spécifique pour la psychiatrie.

Aux arguments étayés de toute la profession, tous statuts confondus, dénonçant une loi sécuritaire mais revendiquant l'urgence d'une loi sanitaire, aux appels au secours d'associations de patients, aux rejets par de nombreuses associations régionales des de familles de malades, le rapporteur du projet de loi n'a opposé qu'arrogance, falsification, mystification, ignorance.

Falsification, lorsqu'il déclare que la loi va permettre de sauver les quatre mille personnes qui se suicident chaque année !

Mystification, quand il proclame que les 30 000 à 60 000 personnes sans domicile fixe qui souffrent de troubles mentaux, abandonnées par leur famille,vont pouvoir être prises en charge !

Ignorance de la pratique psychiatrique, quand il déclare que les patients qui dénient leur pathologie vont être enfin traitées grâce à ce dispositif !

De plus, avec ce projet de loi, force reste au préfet. La disqualification des professionnels est totale, la suspicion à leur égard comme à l'égard des magistrats est entérinée par le texte.

Pire, dans leur aveuglement politique, dans leur méconnaissance de la clinique psychiatrique la plus élémentaire, les députés de la majorité n'ont pas pris la mesure du plus grave : cette loi, si elle est adoptée, va aboutir à l'exacte inverse de ce à quoi elle prétend répondre : la sécurité et la prévention des passages à l'acte dangereux.

En effet, les personnes les plus perturbées, les plus en souffrance, sont aux prises avec une méfiance extrême, voire des sentiments de persécution, des sentiments d'être surveillés, épiés. Ces personnes lorsqu'elles sauront qu'elles seront dénoncées par leur psychiatre, leurs soignants au directeur de l'hôpital et au préfet, en cas de refus ou d'opposition aux soins et risquant un retour forcée à l'hôpital, vont tout faire pour échapper, pour se sauver. Et c'est dans un tel contexte, que des individus ayant le sentiment d'être cernés, pourchassés, forcés, risquent de basculer dans des passages à l'acte les plus graves…

La psychiatrie, dans une perspective thérapeutique, ne peut travailler qu'en favorisant la confiance, l'instauration d'une relation rassurante, le tissage d'un lien avec une personne malade. C'est dans ce cadre, et uniquement dans ce cadre, que nous pouvons imposer une contrainte parfois nécessaire, que la psychiatrie peut prétendre être thérapeutique.

Mesdames, messieurs les parlementaires, prenez conscience de l'immense responsabilité que vous prenez, de l'absurdité de ce dispositif législatif, de cette monstruosité qui est en train de se créer !"

Paul Machto, psychiatre des hôpitaux

Marie Cathelineau, psychologue

Hervé Bokobza, psychiatre

pour le Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire

 

Source : lemonde.fr

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samedi, 26 mars 2011

Connaissez-vous les 5 phrases qui peuvent détruire votre mariage ?

La solidité de la relation que vous entretenez avec votre conjoint vous semble évidente. Cela vous entraîne parfois à baisser la garde de la vigilance. A vous laisser aller lors d’épisodes où vous pouvez vous montrer blessant.

Or, dire une seule chose négative contribue à détruire la base de la relation, parce que les autres choses que l’on va dire ou faire dans la même journée, ne pourront plus exister.

Les phrases négatives et blessantes ont le pouvoir de trancher l’étoffe dont est faite le lien entre deux personnes qui s’aiment.
Voici 5 choses à éviter de dire absolument à votre conjoint(e)

  1. « C’est ta faute ! » C’est vrai, parfois, l’on prend de mauvaises décisions, financièrement ou pour l’éducation des enfants, par exemple. Et parfois, aussi, le couple ne va pas bien, et cela arrive dans tous les couples. Mais le jeu du reproche ne marche jamais. Il divise, il vous rend étranger l’un à l’autre. Il mine la confiance et l’ouverture de la relation.
  2. « Je te l’avais bien dit ! » Ce type de remarque n’a pas de place dans une relation d’amour. Cela ne vous apportera rien de rappeler à votre conjoint(e) que vous aviez raison à propos de quelque chose et qu’il(elle) avait tort.
  3. Lui reprocher quelque chose en public. Raconter des secrets de couples ou critiquer votre partenaire en public ou auprès de quelqu’un peut endommager durablement la confiance du couple. Le privé…doit rester privé.
  4. « Pourquoi fais-tu toujours… » Se concentrer sur les défauts de votre moitié plutôt que de construire sur son potentiel n’a pour effet que de renforcer ses faiblesses, et la priver de sa force. Cette habitude peut entrainer la relation dans un cercle vicieux si l’on passe son temps à pointer les faiblesses et à en faire des histoires. C’est le succès qui génère davantage de succès.
  5. Demander l’opinion de votre partenaire et faire le contraire de ce qu’il vous a suggéré. Dans beaucoup de divorces, cela est cité comme un élément démontrant une absence de respect. Si vous demandez son avis à votre conjoint(e), vous devez en tenir compte.

Source : psychologytoday.com

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mardi, 22 mars 2011

Opacité renforcée sur le prix des prothèses dentaires : dites merci à nos chers et vieux sénateurs :-(

Le Sénat a supprimé mercredi dernier l’obligation faite aux dentistes d’indiquer sur leurs devis le coût de revient des prothèses.

Les tarifs proposés aux patients varient pourtant quasiment du simple au double selon les praticiens…

Les consommateurs n’y gagneront pas, mais les chirurgiens dentistes peuvent se réjouir. Les sénateurs se sont prononcés mercredi pour la suppression de l’obligation faite aux praticiens de mentionner le prix d’achat des prothèses qu’ils proposent à leurs patients. Cette indication était devenue obligatoire depuis l’application de la loi «Hôpital, patient, santé, territoire» (HPST) en mars 2010, et visait à introduire davantage de transparence dans les prix pratiqués par les chirurgiens-dentistes.

Car les prix des prothèses varient quasiment du simple au double selon les cabinets, analysait en février dernier l’organisme mutuelle.com. Des tarifs qui dépendent de plusieurs facteurs : de la qualité de la prothèse, de la notoriété du dentiste, du quartier où il exerce, mais aussi du niveau de couverture médicale du patient. «Il est presque de règle que le praticien s’informe de celle-ci, de sorte que cette couverture complémentaire contribue de facto à tirer les prix à la hausse et bénéficie en bonne part au prestataire de soins», notait la Cour des comptes dans un rapport publié l’année dernière.

Pas de répercussion des importations sur les prix

Disparates, les tarifs pratiqués sont aussi particulièrement élevés. Citant un rapport de 2005 publié en Belgique, la Cour des comptes relevait que le prix d’une pose de prothèse en France est 2,5 fois supérieur à celui d’une pose de prothèse en Allemagne, lui-même 25% plus onéreux qu’aux Pays-Bas.

Circonstance aggravante pour les praticiens français : la part croissante des modèles importés (de l’ordre de 15% en 2010 selon l’association dentaire française) ne s’est jamais répercutée sur le prix moyen pratiqué par les chirurgiens dentistes. Pourtant, le coût de revient de ces prothèses fabriquées en Chine, à Madagascar ou en Afrique du Nord est trois fois moindre (40 euros contre 120 euros) que celui des modèles fabriqués en France.

«Concurrence insuffisante»

Conséquence, c’est 10% de la population française qui se trouve contrainte de renoncer aux soins dentaires en raison de leur coût, souligne l’institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes). Globalement, les frais dentaires constituent à eux seuls plus de la moitié des prestations médicales auxquelles les patients renoncent pour ce motif.

C’est en vertu de ces constats que la Cour des comptes plaidait l’année dernière pour que les devis proposés aux patients incluent le prix d’achat de la prothèse. «Améliorer la transparence aiderait à remédier à une concurrence aujourd’hui insuffisante», estimait l’institution.

«Lobbying intensif»

Les sénateurs, pourtant, en ont mercredi décidé autrement. Gilbert Barbier, à l’origine de l’amendement supprimant cette obligation, s’en explique : «Le texte était pratiquement inapplicable. Si l’on veut calculer le prix de revient d’une prothèse, il faut décortiquer tout un tas de frais annexes, explique-t-il. Par ailleurs, pourquoi n’imposer cette obligation qu’aux seuls dentistes, et non aux garagistes par exemple ?», s’interroge-t-il. «Les dentistes ont eu le sentiment d’être montrés du doigt. Sachons raison garder», est venu appuyer mercredi en séance le ministre de la santé Xavier Bertrand.

Leurs électeurs apprécieront et sauront s’en rappeler aux prochaines élections. Gageons que leurs mutuelles soient plus que confortables…

Autre argument avancé par les sénateurs : les prix des actes dits «conservateurs» (détartrage, traitement d’une carie, dévitalisation…) seraient sous-évalués par la sécurité sociale. «Cela fait dix ans qu’ils n’ont pas été réajustés. Cela explique que les dentistes compensent parfois en augmentant leur marge sur les prothèses», avance Gilbert Barbier. Pourtant, d’après la Cour des comptes, une partie de ces tarifs ont été réévalués de 30% en 2006. Parallèlement, les prix des prothèses ont continué à progresser à un rythme annuel de plus de 3%…

Pour l’UFC-Que Choisir, la situation est claire. «Le lobbying intensif des professionnels a eu raison de l’intérêt des patients», déclarait jeudi Cédric Musso, directeur des relations institutionnelles au sein de l’association, dans les colonnes du «Parisien-Aujourd’hui» en France. «Les dentistes ne sont pas des professions commerciales. En tant que professionnels de santé, ils n’ont pas à faire de profit sur la vente de matériels».

Directeur des relations institutionnelles au sein de l’association de consommateurs UFC-Que choisir, Cédric Musso regrette que les sénateurs soient revenus sur la transparence qu’ils avaient instaurée en 2009 :

Les sénateurs ont voté hier la fin de l’obligation des dentistes d’afficher le prix d’achat des prothèses. Qu’en pensez-vous ?
Cédric Musso : Le lobbying intensif des professionnels a eu raison de l’intérêt des patients. C’est aussi un pied de nez aux recommandations de la Cour des comptes, sur lesquelles s’était pourtant appuyée la commission des Affaires sociales du Sénat lorsqu’elle s’est prononcée en faveur de cette mesure en 2009.

Xavier Bertrand a défendu l’amendement, faisant valoir hier devant les sénateurs que le texte initial était inapplicable…
C’est toujours ce qu’on dit quand on veut changer une loi. Cet argument avait déjà été soulevé devant la commission des Affaires sociales en 2009. A l’époque, il avait été rejeté, la commission indiquant que cette réforme était non seulement faisable mais souhaitable pour les consommateurs.

Les partisans du texte ont mis en avant la rémunération des dentistes, qui n’a pas été réactualisée depuis plusieurs années…
Ce n’est pas en créant du brouillard informatif et des artifices tarifaires qu’on va régler leurs problèmes. S’il y a un problème d’honoraires, qu’on le règle clairement.

Qu’est-ce qui vous choque le plus ?
D’abord, le fait que les dentistes puissent désobéir impunément : ils ont refusé d’appliquer la loi depuis l’ordonnance de mars 2010, qui l’a rendue tout à fait applicable. Les lois sont faites pour être appliquées. Ensuite, il faut tout de même rappeler que les dentistes ne sont pas des professions commerciales ; en tant que professionnels de santé, ils n’ont pas à faire de profits sur la vente de matériels. C’était d’ailleurs un des fondements de l’article 57 de la loi HPST, qui permettait de distinguer le prix de la prothèse et celui des prestations associées.

Source : lefigaro.fr, leparisien.fr, Sénat

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lundi, 21 mars 2011

« Dis, la différence entre une névrose et une psychose, c’est quoi ? »


Le psychotique sait que deux et deux font cinq.
Le névrotique sait que deux et deux font quatre, mais ça l’énerve…

samedi, 19 mars 2011

Pr Narbonne : "Notre poison quotidien", de Marie-Monique Robin, accumule les contre-vérités ! (1/2)

  • Le Pr Narbonne, professeur de toxicologie à l’université de Bordeaux et expert auprès de l’Anses est considéré comme l’un des meilleurs spécialistes français
  • Dans cette interview exclusive, il réagit vivement à la diffusion du film de Marie-Monique Robin, « Notre poison quotidien »

LaNutrition.fr : Quel est le point de vue du toxicologue sur le film de Marie-Monique Robin, « Notre poison quotidien » diffusé le mardi 15 mars 2011 sur Arte ?

Pr Jean-François Narbonne : Sa première enquête sur Monsanto était bienvenue. Elle montrait les enjeux économiques qui sous-tendent la stratégie de cette entreprise. Avec « Notre poison quotidien », il y a deux problèmes : ce qu’elle raconte est uniquement à charge, et comme elle n’a pas de formation en toxicologie, elle accumule les approximations. Certes, beaucoup de faits qu’elle rapporte sont exacts et ont déjà été rapportés, mais c’est l’interprétation qu’elle en fait qui est totalement orientée. On est dans le militantisme dévoyé et pas le journalisme d’enquête. C’est désespérant !

Un exemple ?

Son film commence par le problème des agriculteurs malades de leurs pesticides. Il s’agit là de la question de la reconnaissance des maladies professionnelles qui n’est que le reflet de l’état catastrophique de la médecine du travail en France. Cette absence de reconnaissance est bien connue et dénoncée depuis longtemps. Les pesticides sont par définition des substances toxiques (c’est d’ailleurs marqué sur les étiquettes avec toutes les phrases de risques associées) et leur manipulation sans précaution ne peut qu’aboutir à des maladies neurologiques, hépatiques, ou des effets cancérigènes ou reprotoxiques. Après une phase d’omerta qui a duré une trentaine d’années les études épidémiologiques  se sont multipliées en France depuis 2000 et les effets chez l’homme ne sont plus discutés aujourd’hui. En revanche, la reconnaissance comme maladie professionnelle répond à d’autres critères plus politiques, et chez les agriculteurs le problème est compliqué du fait d’une exposition à des cocktails complexes qui en plus ont évolué au cours du temps. Il est donc très difficile d’établir la traçabilité et d’identifier un responsable. On se demande donc quel est le but de cette première séquence comme illustration de « notre poison quotidien ».

Elle critique aussi le concept de dose journalière admissible ou DJA

Oui. Selon Marie Monique Robin, la DJA, sur laquelle seraient basées les évaluations des agences sanitaires ne serait pas protectrice en termes de santé publique. Pour bien comprendre la portée de cette critique il faut un rappel historique. Ce concept a été établi dans les années 1950 en recherchant par des études chez les rongeurs la dose n’ayant pas d’effets toxiques (NOAEL) et en l’extrapolant à l’espèce humaine en appliquant un facteur de sécurité qui en général est égal à 100. Quand on regarde son film, on a l’impression que ce facteur de sécurité de 100 a été adopté au petit bonheur la chance.  Rien n’est plus faux. Ce chiffre a été déterminé par le Pr René Truhaut (que j’ai eu brièvement comme professeur et dont il est d’ailleurs présenté plusieurs extraits d’interview en noir et blanc dans le film) à partir des résultats d’études toxicologiques comparatives entre plusieurs espèces (rat, chien, lapin, singe) et entre plusieurs individus (petits, adultes, males, femelles). De plus depuis 50 ans de nombreux experts ont essayé de le contester en fonction de l’évolution des connaissances. Or toutes ces tentatives n’ont fait que confirmer la pertinence de ce facteur de sécurité en lui donnant des bases toxicocinétiques et toxicodynamiques. En plus beaucoup de DJA, comme celles du cadmium, du plomb, du mercure, des PCBs ou des dioxines sont aujourd’hui basées sur des expositions fœtales ou post-natales. Je ne m’étendrai pas sur les évolutions des outils d’exploration des effets santé qui sont passés de l’histologie au microscope optique aux outils de biochimie et de biologie moléculaire.

N’y a-t-il vraiment aucun problème avec cette DJA ?

En fait le problème de la DJA, c’est qu’elle est basée sur une étude dite pivot tenant compte de l’effet le plus sensible pour une exposition pendant la vie entière. Or il peut y avoir plusieurs types d’effets tout au long de la vie. Depuis 2005, l’approche DJA a été complétée par deux nouvelles approches. La première est celle dite de margin of exposure (MOE) qui est le rapport entre le seuil auquel apparaît un effet toxique (BMDL) et le niveau d’exposition d’une population spécifique. Il suffit de lire les derniers avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) pour constater que c’est de cette façon que sont évalués les risques. La deuxième approche part du fait que l’on dispose de plus en plus de données sur la dose interne de contaminants chez l’homme (dosages sanguins, urinaires par exemple) et que par les résultats d’études épidémiologiques on peut situer le seuil critique à partir duquel apparaissent les effets santé. On peut donc calculer la marge existant entre la charge corporelle d’une population et le seuil critique. On appelle cela margin of body burden (MOE). Les premières évaluations de ce type en France ont commencé dés 2005 à l’initiative de l’Institut national de veille sanitaire (Invs) pour les dioxines et les PCBs, et les chiffres concernant les pesticides viennent d’être publiés. En dehors des biomarqueurs d’exposition il existe maintenant des biomarqueurs d’effets (en particulier ceux liés aux effets mutagènes, cancérigènes et perturbateurs endocriniens) applicables directement chez l’homme et participant à ce que l’on appelle l’épidémiologie moléculaire. Ces biomarqueurs et bioessais sont d’ailleurs détaillés dans mon livre Sang pour sang toxique avec des exemples d’application. Mais dans son film, Marie-Monique Robin passe sous silence cette évolution. Faire croire que rien n’a changé depuis les années 1950, c’est purement de la désinformation !

Le film revient sur les risques de cancer attribués à l’aspartame

Elle fait un sujet sur l’aspartame en nous racontant des histoires économiques sur la situation américaine et la manière dont l’aspartame y a été autorisé dans les années 1980. Tout cela est connu depuis longtemps, et surtout qu’est-ce que ça a à voir avec la situation en Europe ? En fait, les incertitudes portent sur les effets neurologiques, et non pas sur les effets cancérigènes. Le problème c’est que ses témoins ne sont pas les experts qui ont étudié le dossier mais les fonctionnaires des agences qui sont les gestionnaires des services et qui n’ont qu’une vue générale des dossiers. De plus dans de nombreux cas ces responsables viennent de l’industrie, ce dont elle a l’air de s’étonner. Mais d’où pourraient venir des personnes qui ont l’expérience de la gestion de dossiers d’homologation ou d’autorisation ? Sûrement pas majoritairement de la recherche publique. Mais ce ne sont pas eux qui font les expertises, ils ne font que la gestion des dossiers et la coordination matérielle des expertises.

Pr Narbonne : Notre poison quotidien accumule les contre-vér...

Sur l’aspartame, elle pointe des incohérences sur les raisons avancées par l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) pour contester les résultats de l’étude italienne de Morando Soffritti qui trouvait plus de cancers chez les rats nourris à l’aspartame.

Elle va demander à Hugues Kenigswald, qui dirige l’unité sur les additifs à l’Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA) pourquoi cette agence a rejeté les conclusions de la première étude de Morando Soffritti. Il lui dit que c’est parce que les vieux rats ont des inflammations pulmonaires qui peuvent être la cause de cancers pulmonaires. Donc Marie-Monique Robin va voir ensuite Soffritti qui se régale de démonter l’argument en disant qu’il y a eu autant d’inflammations chez les rats nourris à l’aspartame que chez les rats témoins. Mais la vraie raison du refus de la première publication par l’EFSA (celle utilisant des doses inférieures à la DJA) c’était que l’augmentation des cancers n’est significative que chez les femelles, et que les témoins femelles (qui n’avaient pas reçu l’aspartame) présentaient deux fois moins de cancers que ce qu’on constate d’ordinaire sur les femelles appartenant à cette souche particulière (témoins historiques).

En fait il n’y avait pas augmentation des cancers chez les traités mais diminution des cancers « spontanés » chez les témoins.  C’est la raison pour laquelle on n’a pas accepté cette publication.  Les experts de l’EFSA ont d’ailleurs dû insister auprès du Dr Soffritti pour obtenir les valeurs des témoins historiques de son institut. Le problème des inflammations pulmonaires des rats en fin de vie fait partie des altérations physio-pathologiques dues à la vieillesse  (pouvant toucher aussi bien les témoins que les traités) et qui constitue une des raisons pour lesquelles le protocole officiel arrête les études de cancérogenèse après un maximum de 24 mois d’exposition et n’attend pas la mort des animaux d’expérience  contrairement au protocole « original » de l’équipe Soffritti.

Le film laisse entendre que des informations importantes seraient dissimulées au public

Pour nous persuader qu’on nous cache des choses, Marie-Monique Robin ressort le rapport de l’Académie des Sciences selon lequel les décès par cancers associés à la pollution ne représenteraient que 0,5 % des cas de cancers. Pour commencer on se demande en quoi l’Académie des Sciences ferait référence en termes de santé publique. Ensuite, ce rapport est basé sur les données de l’Agence internationale de recherches sur le cancer chargée de classer les substances cancérigènes. Ce classement se base sur des cohortes de travailleurs exposés et les cancers reconnus maladies professionnelles. Dans ce cas il n’y a aucun doute sur les substances impliquées. Il s’agit donc de très peu de substances par rapport à celles présentes dans notre environnement. Ce rapport ne répond donc pas à la question posée sur l’implication des substances chimiques dans l’augmentation de l’incidence de certaines maladies. En fait cette question a fait l’objet d’une saisine de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) et a fait l’objet d’une expertise collective de l’INSERM.  Dans l’avis rendu public, il est indiqué que plus de 50 % de l’augmentation des cancers au cours des 30 dernières années avaient une origine environnementale, avec une composante liée aux produits chimique qui ne pouvait être quantifiée, la seule relation suffisamment établie étant chez les agriculteurs.  Marie-Monique Robin ne parle évidemment pas de cet avis, puisqu’elle se positionne nettement comme un « lanceur d’alerte ». En ce qui concerne les pesticides il faut savoir que l’on est passé de 1300 substances actives à 250 aujourd’hui. Il s’agit comme d’habitude de passer sous silence ou de dénigrer tout le travail des agences sanitaires.

La suite demain !

Pour aller plus loin, cliquez ici.

Ou ici.

jeudi, 12 mars 2009

EDVIGE (Edvirsp) Servira à Recruter… et à Vous Licencier !

Le ministère de l’Intérieur vient enfin de répondre aux 70 parlementaires (17 au Sénat, 53 à l’Assemblée) qui s’étaient inquiétés, l’an passé, de la mise en place du désormais célèbre fichier Edvige (pour “Exploitation documentaire et valorisation de l’information nérale”).

Pour mémoire, Edvige était accusé d’instituer un “fichage systématique et généralisé, dès l’âge de 13 ans, par la police des délinquants hypothétiques et des militants syndicaux, politiques, associatifs et religieux“. Lisez mes articles  ici et et les jours suivants.

Dans sa réponse (la même, quelles que soient les questions), MAM rétorque aux parlementaires inquiets que les recours déposés par les opposants à Edvige ont été rejetés eu égard notamment à la décision du ministre de retirer le décret portant création d’Edvige“.

Ce qui ne résoud donc rien, sur le fond.

D’autant que le problème reste entier :

le nouveau fichier ne comportera que des données directement liées à la sécurité publique ou permettant de répondre aux demandes d’enquêtes de recrutement imposées par la loi.

Ce qui ne répond que très modérément à l’inquiétude exprimée par les 220 000 signataires de la pétition réclamant l’abandon d’Edvige, non plus qu’à celle des parlementaires… mais qui, a contrario, met en lumière un problème étrangement passé sous silence lors de la polémique de l’an passé : les services de renseignement servent aussi désormais à surveiller le million de salariés qui font l’objet d’enquêtes de recrutement“.

Un million de salariés suspectés de “comportements contraires aux bonnes moeurs

Trop peu de gens le savent, mais le travail d’un million de salariés dépend en effet de l’”enquête administrative de moralité” (sic) qui est effectuée à leur sujet, comme le rappelait récemment la CNIL.

J’avais d’ailleurs dressé la liste des emplois concernés, qui vont des emplois liés à la sécurité (policiers, gendarmes, gardes du corps, détectives privés, gardes champêtres, vigiles, contrôleurs de la RATP et de la SNCF) aux jeux d’argent (entraîneurs de courses de chevaux -et lévriers-, employés de casinos et cercles de jeux, et même les assesseurs des parties de pelote basque !).

Sont également concernés les agents des concessionnaires d’autoroute, mais aussi et surtout les employés des aéroports (en 2002, et en deux ans, 3500 salariés avaient ainsi perdu leur habilitation, et donc leur emploi, rien qu’à Roissy), ainsi que les personnes sollicitant l’autorisation d’effectuer des prises de vue aérienne…

Rajoutons enfin, au million de salariés concernés, les ambassadeurs, consuls et autres personnalités désireuses d’obtenir la légion d’honneur et autres promotions dans les “ordres nationaux”, mais aussi ceux qui veulent acquérir la nationalité française, obtenir ou renouveler leurs titres de séjour. Ce qui doit, au total, faire bien plus qu’un million de gens.

Or, le problème (l’un des problèmes) est qu’il suffit d’être “suspecté” de “comportements” contraire “à l’honneur” ou aux “bonnes moeurs” pour être fiché… notions pour le moins vagues, et propices à débordements et “dommages collatéraux“.

D’autant que la majeure partie du temps, les personnes chargées d’effectuer ces “enquêtes administratives de moralité” se contentent de regarder si l’individu en question est fiché, sans forcément vérifier la réalité, ni la teneur, de cette suspicion.

Autrement dit, et quand bien même, en démocratie, la présomption d’innocence est la règle, et non l’exception, ces fichiers policiers et “enquêtes administratives de moralité” font de tous ceux qui y sont fichés autant de “présumés suspects”.

Une logique ubuesque

Problème supplémentaire : contrairement au casier judiciaire, qui répertorie les personnes ayant été condamnées, les fichiers policiers qui sont utilisés pour ces “enquêtes administratives de moralité” recensent victimes & suspects. La moitié des Français y sont fichés. Et ils sont truffés d’erreurs.

En 2001, la CNIL rapportait ainsi que 25% des fichiers qu’elle avait été amenée à contrôler étaient “inexacts, incomplets ou périmés“. En 2008, le taux d’erreur est de 83% !

Or, et à en croire ce qu’explique MAM à nos parlementaires, Edvige (renommé Edvirsp, pour “Exploitation documentaire et de la valorisation de l’information relative à la sécurité publique”, ce qui est déjà bien moins sexy) servira donc aussi à effectuer les “enquêtes administratives de moralité“.

090301_edvigeCe qui fait bondir Virginie Gautron, maître de conférences à la faculté de droit de Nantes :

“La possibilité d’utiliser ces données pour des enquêtes de moralité pose de très graves questions. La CNIL dénonce de longue date l’utilisation des fichiers policiers comme casier judiciaire parallèle, et ce au mépris de la présomption d’innocence.

Cette situation ne pourra que s’aggraver avec la consultation d’Edvige. Les enquêtes de moralité ne s’effectueront plus sur la seule base de faits délinquants supposés, mais de comportements « susceptibles » de troubler l’ordre public ou, pire encore, d’affiliations partisanes, religieuses ou syndicales.

Des militants syndicaux et politiques, voire même des personnes périodiquement présentes dans telle ou telle manifestation, ne risquent-ils pas, dès lors que leurs engagements ne correspondraient pas à la ligne politique du pouvoir en place, d’être privés d’accès à la magistrature ou aux autres missions de souveraineté ?”

Dit autrement : jusqu’alors, le million de salariés dont l’emploi dépend d’une “enquête administrative de moralité” (plus tous ceux qui veulent acquérir la nationalité française, obtenir ou renouveler leurs titres de séjour, ou encore… la Légion d’honneur), ne risquaient “que” d’être “suspectés”, à tort ou à raison, de “comportements” contraire “à l’honneur” ou aux “bonnes moeurs”…

Aujourd’hui, ils risquent aussi de se voir reprocher d’avoir été repérés par les services de renseignement comme “potentiellement” délinquants, ou parce qu’ils ont manifesté, ou exprimé leur opposition aux désidératas du gouvernement.

Ce qu’on appelle un délit d’opinion qui, a priori, n’existe pourtant pas en démocratie.

En résumé, et après les détecteurs de mensonge, en matière de recrutement, il faudra aussi désormais apprendre à gérer, et se méfier, des services de renseignement.

jeudi, 26 février 2009

Scandale : “La Règlementation Européenne sur le Bio est Laxiste”

Par Sandra Gérard, publié le 23/02/2009 14:30 dans L’Express.

Au coeur du salon de l’agriculture, le bio a toujours sa place. Pourtant la nouvelle règlementation européenne, moins stricte que ne l’était la française, fait craindre la culture de produits d’une qualité moindre. Les réponses d’Anne-Laure Gaffuri, déléguée exécutive de l’association Bio consom’acteurs.

Une nouvelle règlementation europénne harmonisant le cahier des charges en matière de culture biologique pour l’ensemble des états membres a été mis en place début janvier. Qu’en pensez-vous?

“Cette règlementation est laxiste par rapport à celle qui était en vigueur en France jusqu’alors. Si elle en conserve effectivement certains principes indispensables, elle autorise des comportements que l’on ne peut accepter. Les produits biologiques peuvent être contaminés par des OGM jusqu’à hauteur de 0,9%, l’alimentation des animaux avec des produits de la ferme dont ils sont issus n’est plus obligatoire et il est possible de procéder à une mixité “bio/non bio” au coeur d’un même établissement. Autrement dit, la production de produits biologiques côtoie celle de produits qui ne le sont pas.”

Quelles sont les conséquences pour les consommateurs?

“Parmi les personnes que nous avons interrogées, la plupart ont peur que des produits bio soient contaminés par les OGM car ils connaissent l’existence d’un seuil de contamination autorisé. Par contre, ce qu’ils ne savent pas forcément, c’est comment cette contamination peut avoir lieu, principalement par la production conjointe sur une même exploitation de cultures bio et non bio. Cette méthode accroit largement les possibilités de contamination. La probabilité pour un consommateur de se trouver face à un produit contaminé par des organismes transgéniques est, de fait, beaucoup plus élevée.”

printemps-bio-coccinelleIl est également interdit pour un pays d’établir une règlementation interne plus stricte que l’européenne. Comment faire pour obtenir des produits bio qui répondent à des critères de qualité au moins équivalents à ceux de l’ancienne règlementation française?

“Les nouvelles règles européennes ont mis fin au principe de subsidiarité qui permettait à chaque état d’avoir son propre cahier des charges, mais elles ne touchent pas les marques privées. La Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB), des producteurs et des consommateurs vont donc créer officiellement le 25 février une association, “Alternative Bio 2009″. Elle aura pour objectif de peaufiner le cahier des charges déjà bien avancé d’un tout nouveau label privé dont les contraintes sont encore plus restrictives que ne l’était la règlementation française. Il garantira des produits à 0% d’OGM et intègrera des mesures environnementales et sociales qui prendront en compte les facteurs transport et emballage entre autres.”

 
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