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mercredi, 06 juillet 2011

Attention, danger démocratique : Hadopi menace votre Liberté depuis cette nuit !

Hadopi : des dommages et intérêts dommageables pour les Internautes

Entre les mots et les faits, il y a parfois un écart gigantesque.

La Hadopi n’a pas cessé de claironner que son dispositif de « riposte graduée » était avant tout pédagogique. A grand renfort de pubs niaises, l’internaute était tour à tour informé puis culpabilisé.

Aujourd’hui, tenez-vous bien, on vient d’apprendre qu’en plus de vous couper Internet, vous allez devoir payer aux ayant-droits des dommages et intérêts… sans que vous puissiez vous défendre devant un juge !

Vous ne rêvez pas. L‘assemblée nationale a adopté la nuit dernière une loi permettant aux ayant-droits de réclamer des dommages et intérêts dans le cadre d’une ordonnance pénale.

Comme moi non plus, je ne savais pas ce qu’était une ordonnance pénale, j’ai attentivement lu l’article du Monde sur le sujet et voici ce qu’ils en disent :

« [L'ordonnance pénale] est couramment utilisée pour sanctionner les délits routiers. Rendue par un juge, l’ordonnance pénale n’a pas à être motivée, et est rendue sans que l’accusé soit entendu. Jusqu’à présent, les ordonnances pénales ne permettaient pas aux parties civiles de demander des dommages et intérêts, pour lesquels une procédure contradictoire était obligatoire. »

Oui, c’est la pédagogie selon l’Hadopi.

Les ayant-droits ont maintenant tous les droits.

En plus d’utiliser les fonds publics pour faire valoir leurs droits, en plus de vouloir poser des mouchards dans les ordinateurs des honnêtes internautes, en plus de pouvoir couper vos connexions Internet, ils vont aussi pouvoir exiger des dommages et intérêts.

Et la question qui tue : Comment un juge va-t-il évaluer le préjudice subi par les ayants-droits ?

Je rappelle que, pour l’ONU, la riposte graduée viole les droits de l’homme.

Et que le graphiste de l’Hadopi s’était mélangé les pinceaux en utilisant une police sans en avoir les droits.

Dans ce monde, il y a ceux qui font les lois et ceux qui les subissent… [Le Monde]

Nota Bene :

Il est fortement recommandé de faire opposition aux ordonnances pénales , qui sont des jugements arbitraires puisque la défense n’y est pas représentée.
Cette opposition vous renvoie devant un tribunal de police normal (pour une contravention) et a pour conséquence d’annuler l’ordonnance pénale et tout ses effets vis – à vis du prévenu. Comme si elle n’avait jamais existé !
Autre point : une ordonnance pénale n’est applicable que si elle a été signifiée au prévenu (information du prévenu par un courrier recommandé ou par huissier, un simple courrier ou un mail n’a aucune valeur juridique)

 

Sources:
Gizmodo.fr en partenariat avec 20minutes.fr
Photo : © Pakhay Oleksandr – Fotolia.com

vendredi, 13 mai 2011

Mediator : le laboratoire Servier savait depuis 1995 !

 

Selon des documents que s'est procurés "Le Monde", le laboratoire Servier savait, depuis au moins le début des années 1990, que son médicament, le Mediator, était nocif.

Selon des documents que s'est procurés Le Monde, les chercheurs des laboratoires Servier étudiaient, depuis le début des années 1990, les composés produits dans l'organisme par le Mediator, médicament interdit depuis 2009 et qui aurait provoqué de 500 à 2 000 décès en France.

Parmi eux, lanorfenfluramine (identifiée en 1995 comme responsable de la toxicité de coupe-faims de Servier), l'Isoméride et le Ponderal, tous deux interdits en 1999.

Une parenté que le laboratoire s'est toujours obstiné à minimiser, notamment dans ses documents.

EFFETS SECONDAIRES GRAVES

Une étude menée en 1993 par deux chercheurs de la filiale britannique de Servier quantifie la présence dans le sang de la norfenfluramine, en concentration, le deuxième composé dans lequel se transforme le Mediator. Or, la norfenfluramine est également le produit actif de deux coupe-faims de Servier, Isoméride et Pondéral, dont une étude démontre en 1995 qu'ils entraînent des effets secondaires graves : une hypertension artérielle pulmonaire, responsable d'insuffisances cardiaques.

Le laboratoire Servier ne pouvait donc ignorer, au moins depuis 1995, que le Mediator pouvait être suspecté de produire lui aussi des effets secondaires graves. Au lieu de quoi, il a toujours affirmé que le Mediator avait des "activités pharmacologiques radicalement différentes" de celles de l'Isoméride et du Pondéral et que sa tolérance cardiovasculaire était "satisfaisante".

Sources :  Le Monde.fr, Paul Benkimoun, AFP/Fred Tanneau

 

 

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mardi, 03 mai 2011

Harcèlement à l'école : "Ça reste gravé dans ma mémoire, je n'aurai jamais de bons souvenirs d'enfance"

Souvent, les enfants victimes de harcèlement n’osent pas en parler à leurs parents…

C’était il y a six ans.

Elève de quatrième d’un collège très calme de la banlieue de Rouen, Sébastien bégayait un peu.

Ce fut assez pour tout déclencher.

Au début de l’année, alertés par des moqueries d’adolescents au téléphone, ses parents en parlent au professeur principal. Chacun croit l’affaire close. Par la suite, aucun incident n’est signalé. « Sébastien ne disait rien« , rapporte sa mère, Monique Teriac. Mais un jour de mars, le collégien prend un appel sur la ligne fixe du domicile. La communication dure trois minutes, puis il remonte dans sa chambre… et se pend.

Ses parents n’ont alors aucune idée de ce qui a pu se passer, jusqu’à la découverte sur le blog de leur fils d’un message laissé après le drame par un élève. Ils comprennent que Sébastien était persécuté. Une plainte est déposée, d’abord classée sans suite, mais l’enquête révèle peu à peu l’ampleur de ce que le jeune garçon avait subi. Finalement, plusieurs de ses tourmenteurs sont reconnus coupables par un tribunal pour enfants. Les violences physiques n’étaient pas les pires.

« On voulait le pousser à bout », dit sa mère, qui rapporte l’exemple de courriels orduriers envoyés à son fils lors d’un cours de technologie. « Des profs, assure-t-elle, étaient au courant, ils n’ont pas bougé. Si nous avions su, nous aurions pu le changer de collège. » Les parents ont attaqué l’Etat devant le tribunal administratif. L’audience a eu lieu le 14 avril, le jugement est en délibéré. « C’est pour que d’autres ne subissent pas la même chose que nous agissons. »

UN « LAXISME AHURISSANT »

Le harcèlement peut donc détruire.

Le plus souvent, il ne fait « que » blesser profondément. Laurent, 25 ans, fleuriste, ne veut pas que soit publié son patronyme. « Ça ferait trop plaisir à certaines personnes », dit-il en pensant à ceux qui, il y a bientôt douze ans, l’ont fait souffrir. Alors en quatrième dans un collège du Val-de-Marne, en zone résidentielle, il venait de prendre conscience de son homosexualité et ressentait une attirance envers un autre élève. Il se confie à une amie proche, connue à l’école primaire.

Celle-ci le trahit aussitôt. Quelques jours plus tard, commencent les agressions verbales et physiques. « On fouillait mes affaires, on écrivait sur mes vêtements, on me frappait », raconte-t-il. En s’excusant d’user de mots crus, il ajoute : « Je me faisais choper les couilles dans un couloir au prétexte de voir si j’en avais, j’étais suivi dans la rue avec des phrases obscènes »… Plus que d’homophobie, il s’agissait surtout, selon lui, d’un « rejet de toute différence ». A la fin de la quatrième, il ne sortait plus en récréation et ses résultats s’étaient effondrés.

Impossible d’en parler avec ses parents ignorant son homosexualité. Pas d’autres interlocuteurs. « Les profs étaient d’un laxisme ahurissant, j’en veux beaucoup au corps enseignant« , dit-il. Finalement, Laurent a redoublé et poursuivi sa scolarité dans le même collège, où sa situation s’est progressivement améliorée. « J’étais avec des élèves plus jeunes. Je me suis fait oublier, je me suis blindé, aussi. C’est après que j’ai eu une dépression. Ça m’a laissé une fragilité. »

« NE SURTOUT PAS EN PARLER »

Aurélie Piaud, 27 ans aujourd’hui, a été harcelée dès les petites classes. L’élément déclencheur est souvent dérisoire : pour elle, c’était l’habillement. « Ma famille n’avait pas beaucoup de moyens, on s’habillait au Secours catholique. » A l’école primaire, elle était la cible d’attaques verbales. A son entrée en sixième, dans un collège public d’Eure-et-Loir, le phénomène passe au stade supérieur : elle prend des coups.

Le stress et l’anxiété lui font déclarer une épilepsie dont elle a une première crise en classe. Ses bourreaux se déchaînent en imitant ses convulsions. Un jour, elle est mise à nu dans un car scolaire : zéro réaction du côté de l’encadrement de son établissement. « Il ne s’était rien passé, il ne fallait surtout pas en parler », dit-elle. La plupart des ex-harcelés ne pardonnent pas aux adultes qui n’ont pas su les protéger. Même s’ils se rappellent aussi, selon un schéma classique de culpabilité, avoir tout fait pour cacher leur malheur.

C’est au lycée, après avoir failli « sauter à la gorge » d’une persécutrice, qu’Aurélie a « cessé de se laisser faire ». Elle témoigne d’une voix claire et énergique, comme une personne définitivement tirée d’affaire et surtout préoccupée d’éviter que « ça continue » pour des élèves d’aujourd’hui. Mais, dit-elle, « ça reste gravé dans ma mémoire, je n’aurai jamais de bons souvenirs d’enfance ».

UNE AIGUILLE DANS LE DOS

Gabriel Gonnet, 57 ans, est l’auteur de Kenny, un film de fiction, réalisé en 2010 avec une classe de seconde du lycée Claude-Bernard, à Paris, qui doit être projeté aux Assises sur le harcèlement organisées par le ministère de l’éducation nationale les 2 et 3 mai. L’histoire d’un lycéen harcelé parce qu’il est roux.

Mais le cinéaste a lui-même été un élève harcelé, verbalement et physiquement, au motif que son apparence était jugée ridiculement hors de la mode. L’affaire a pris des proportions insensées. « Un élève se mettait derrière moi en classe et me plantait une aiguille dans le dos. J’avais très mal mais je ne criais pas car je ne voulais pas que mon cas soit public, je pensais arranger les choses tout seul. » Ses bourreaux lui avaient donné un surnom… qu’il refuse de prononcer. « Non, je ne tiens pas à réveiller tout ça… » A quarante-cinq ans de distance, c’est encore douloureux.

Sources : lemonde.fr, Luc Cédelle

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lundi, 02 mai 2011

Psychiatres et labos : les liens incestueux aux USA. Et en France ?

"La question des liens monétaires entre l'industrie pharmaceutique et les psychiatres est devenue l'une des plus grandes controverses de la psychiatrie", affirme le New York Times.

L'utilisation croissante d'antipsychotiques atypiques pour les jeunes en est un exemple argumente le journal qui montre que l'augmentation des prescriptions de ces médicaments a coïncidé, dans les dernières années, avec une augmentation des paiements faits par des compagnies pharmaceutiques aux psychiatres.

Les antipsychotiques atypiques, tels que Risperdal, Seroquel, Zyprexa, Abilify et Geodon, sont maintenant prescrits à plus d'un demi million d'enfants aux États-Unis "malgré des risques sérieux et "presque" sans utilisations approuvées pour les mineurs" peut-on lire.

Le journal a analysé les registres de l'État du Minnesota, le seul qui exige un rapport public de tous les paiements pour marketing faits à des médecins.

De 2000 à 2005, les paiements des fabriquants de médicaments à des psychiatres a augmenté de six fois alors que les prescriptions d'antipsychotiques à des enfants dans le cadre du programme Medicaid du Minnesota a augmenté de 9 fois. Ceux qui ont reçu le plus d'argent des fabriquants d'antipsychotiques sont ceux qui ont le plus prescrit ces médicaments. Plus du tiers des psychiatres licenciés du Minnesota ont reçu de l'argent des compagnies pharmaceutiques entre 1997 et 2005.

"De tels paiements peuvent encourager les psychiatres à utiliser des médicaments de façon qui met la santé physique des patients en danger" affirme le Dr. Steven E. Hyman, principal de l'Université Harvard et ancien directeur du National Institute of Mental Health. "L'utilisation croissante d'antipsychotiques pour les enfants est un des exemples les plus troublants de ceci", ajoute-t-il.

Selon Dr. Steven S. Sharfstein, précédent président de l'American Psychiatric Association, les psychiatres sont devenus beaucoup trop proches des fabriquants de médicaments. Un exemple de cela, implique l'antidépresseur Lepraxo, qui est maintenant le plus utilisé aux États-unis, même s'il y a des alternatives moins coûteuses incluant des versions génériques du Prozac. "Prozac est aussi bon, sinon meilleur et malgré cela, il y a une migration vers les médicaments plus coûteux, dit-il. Je crois que cela est dû au marketing", dit-il.

L'utilisation croissante des antipsychotiques pour les enfants est étroitement reliée au diagnostic de plus en plus courant et controversé de trouble bipolaire (autrefois appelé maniaco-dépression) pédiatrique (chez les enfants et les adolescents), expose le journal.

Plusieurs médecins du Minnesota, incluant le président de la Minnesota Psychiatric Society, affirme le Times, disent que les fabriquants de médicaments les paient actuellement presque exclusivement pour parler du trouble bipolaire.

En 2005, un comité formé d'experts a examiné toutes les recherches sur le traitement du trouble bipolaire chez les enfants et décidé qu'une recherche réalisée par Dr. Melissa DelBello était la seule impliquant des antipsychotiques qui méritait le meilleur score pour la rigueur scientifique. Ces experts ont émis une recommandation selon laquelle les antipsychotiques atypiques devraient être considérés comme traitement de première ligne pour certains enfants (dans le Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry).

Or la recherche de Dr. DelBello, raconte le Times, comparait deux formes de traitement, un anticonvulsivant (Depakote) pour un groupe et l'anticonvulsivant complété du Seroquel pour un autre groupe. Les résultats étaient comparables pour les deux groupes, sauf dans les derniers jours de l'essai qui a duré six semaines où le groupe prenant le Seroquel obtenait de moins bons résultats dans une mesure de la manie. Près de la moitié du groupe avec Seroquel avait abandonné avant la fin (ils ne faisaient donc pas parti des résultats). Seuls 8 adolescents de ce groupe s'étaient rendus à la fin de l'essai.

Des résultats pas très concluants, aurait admis la chercheure en interview. Ce qui ne l'a pas empêché de co-signer un article dans lequel elle affirmait que le Seroquel, en combinaison avec l'anticonvulsivant, était "plus efficace pour le traitement de la manie chez les adolescents bipolaires" que l'anticonvulsivant seul.

Trois des quatre experts du comité avaient des liens monétaires avec les fabriquants pharmaceutiques. Dr. DelBello de son côté, recevaient des revenus de marketing et de consultation de 8 compagnies pharmaceutiques dont 5 fabriquants d'antipsychotiques.

C'est donc dire que les arguments scientifiques en faveur de l'utilisation des antipsychotiques pour le trouble bipolaire chez les jeunes sont minces.

Sources: Gardiner Harris, Benedict Carey and Janet Roberts, "Psychiatrists, Children and Drug Industry’s Role", New York Times, May 10, 2007, psychomedia.qc.ca

Les antipsychotiques atypiques sont par ailleurs remis en cause, même pour leur utilisation première pour laquelle ils sont approuvés, le traitement de la schizophrénie...

 

 

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jeudi, 28 avril 2011

Stress au travail : voici la lettre réquisitoire de Rémy L., l'employé de France Télécom qui s'est suicidé ce mardi

En septembre 2009, Rémy L., l’employé de France Télécom Orange qui s’est immolé mardi par le feu, lançait une «lettre ouverte» à son «employeur» et à l’Etat.

Dans ce document transmis sur Frenchleaks, Rémy L. dénonçait en termes crus sa «mise à la poubelle». Il tirait la sonnette d’alarme sur la situation de certains collègues, et analysait les ratés du groupe.

Mediapart publie ce jeudi la lettre de Rémy L., l’employé de France Télécom-Orange de 57 ans qui s’est immolé mardi devant l’agence de Mérignac, en Gironde. Le document a été adressé à la direction pendant la série de suicides de plusieurs salariés du groupe, en septembre 2009.

« Lâcheté, indigence, manque de responsabilité managériale », conclut-il après avoir décrit un climat social délétère et des conditions de travail pesantes. « Continuons tous, employeur, Etat actionnaire et décideur, syndicats, salariés, à ignorer les vraies causes profondes: dans dix ans on sera encore à traiter de ce même sujet… enfin non… une certaine catégorie du personnel aura disparu par départ en retraite ou par suicide: et le problème sera réglé, enfin! », écrit-il, estimant que « cette situation est endémique du fait que rien n’est fait pour y faire face: le suicide reste comme étant LA SOLUTION! »

Toujours selon Mediapart, cette lettre devrait constituer un nouvel élément de l’enquête du CHSCT de France Télécom qui pourrait être lancée ce jeudi.

La lettre/source ici : http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/immolation-la-lettre-de-desespoir-du-salarie-a-france-telecom-en-2009_254345.html?xtor=EPR-237

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mercredi, 06 avril 2011

11 clés pour entretenir l’amour dans votre couple

Qu’est qu’un bon couple ?

Les bons couples partagent souvent de petites habitudes, qui sont faciles à adopter.

Les bons couples ont le sens de l’écoute.

Voici 10 clés pour entretenir l’amour dans votre couple :

  1. Couchez-vous à la même heure. Les bons couples se couchent à la même heure, et à moins qu’ils ne soient trop épuisés, le contact peau à peau déclenche toujours chez eux la petite étincelle de l’amour/tendresse/complicité.
  2. Cultivez des intérêts communs. Lorsque la passion s’atténue, il est normal de réaliser que l’on a finalement peu de centres d’intérêt en commun, mais il est quand même assez facile de trouver des activités que chacun aime et que l’on peut pratiquer ensemble. De plus, chacun doit avoir ses propres hobbies pour cultiver son indépendance et constamment renouveler l’intérêt de son partenaire.

  3. Marchez ensemble, main dans la main, ou côte à côte. Vous montrez ainsi à votre moitié que vous êtes avec elle.
  4. Faites de la confiance et du pardon un mode de fonctionnement habituel. Lorsque survient une dispute qui ne peut pas être résolue, adoptez une attitude conciliante.
  5. Intéressez-vous à ce que votre conjoint(e) fait de bien, plutôt qu’à ses carences. Il faut mettre en valeur le positif.
  6. Embrassez-vous chaque jour lorsque vous vous retrouvez après le travail. Notre peau a la mémoire des contacts agréables, faits d’amour, des contacts mauvais (l’abus) et du manque de contact (négligence). En s’embrassant, les couples se maintiennent dans le contact agréable, ce qui les fortifie pour faire face à l’anonymat dont nous souffrons tous.
  7. Rappelez-lui que vous l’aimez quotidiennement, et souhaitez-lui de passer une bonne journée. C’est une façon idéale de l’armer pour affronter les petites tracas qui l’attendent.
  8. Souhaitez-lui une bonne nuit tous les soirs, même lorsque vous n’en avez pas le cœur. Cela lui indiquera que quoi qu’il arrive, votre couple compte toujours beaucoup à vos yeux.
  9. Opérez un contrôle météo en cours de journée : appelez votre conjoint(e) et prenez des nouvelles du déroulement de sa journée. De cette façon, vous vous mettez en diapason avec ses émotions et vous pourrez avoir une attitude adaptée lorsque vous vous retrouverez après le travail.
  10. Soyez fier(e) de vous montrer avec votre partenaire en public. On voit souvent les bons couples en public se toucher d’une manière affectueuse. C’est une manière de rappeler aux autres qu’ils sont engagés l’un à l’autre.
  11. Votre conseil, à écrire dans les commentaires de mon article… ;-)

 

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mardi, 05 avril 2011

Une journaliste dénonce une censure des labos dans la presse médicale

L‘affaire du Mediator (médicament aux effets secondaires potentiellement nocifs, voire mortels, autorisé et prescrit durant des années) a montré les liens parfois trop proches que peuvent entretenir un grand laboratoire pharmaceutique comme Servier et les autorités de santé. Mais l’influence des labos peut s’exercer aussi dans un autre domaine : celui de la presse médicale.

Voici quelques jours, Virginie Bagouet a quitté Impact médecine après des mois de conflit avec sa hiérarchie. Elle travaillait depuis février 2008 dans ce magazine spécialisé à destination des généralistes. Mardi 5 avril, elle est auditionnée à sa demande par la mission commune d’information du Sénat sur le Mediator.

Mails et pièces à l’appui, la journaliste dénonce en effet des censures, explicites ou implicites, de son travail, notamment par rapport à Servier.  Le journal, lui, estime avoir « respecté l’éthique ».

ARTICLES EN RELECTURE CHEZ SERVIER ?

Craignant les foudres du laboratoire, l’un des principaux annonceurs de l’hebdomadaire, la rédaction en chef aurait ainsi, selon l’ex-salariée, refusé de parler du livre du docteur Irène Frachon, Mediator 150 mg, combien de morts ? (Dialogues.fr, 2010).

Même après l’étude de la Caisse nationale d’assurance-maladie sur ce médicament, qui confirmait, en octobre 2010, les craintes du Dr Frachon, Impact médecine n’a pas fait état de ces critiques. « Notre rédactrice en chef a accepté qu’une des journalistes fasse un article. Mais son papier, très factuel, n’a finalement pas été publié. Raison invoquée par la rédaction en chef : ‘C’est trop sensible »’, raconte encore Virgine Bagouet.

Interrogée par Le Monde.fr, la directrice de la rédaction d’Impact Médecine, Anne Prigent, relativise : « C’est vrai, nous n’en avons pas parlé, mais comme l’ensemble de la presse. Nous n’avons pas de rubrique ‘Livres’ et nous ne voyions pas la nécessité, à sa sortie en juin 2010, de revenir sur cette affaire, puisque le Mediator a été interdit en 2009″.  Elle dément toute « censure », « à moins que vous appeliez censure la réécriture d’articles mal construits », et dénonce un « mauvais procès ».

« NOUS NE SOUHAITONS PAS VOIR FIGURER LE GRAPHIQUE »

Autre exemple cité par la journaliste, qui concerne toujours le laboratoire Servier : « J’ai été envoyée, fin août 2010, suivre un congrès de cardiologie à Stockholm, où était présentée une étude importante de Servier sur un de ses médicaments, le Procoralan. L’article que j’ai écrit a été envoyé en relecture à Servier pour ‘validation scientifique’ », se souvient la journaliste.

« J’étais en copie des mails, j’ai vu la relecture par le laboratoire. Des modifications ont été apportées, dont une erreur. » Et lorsque la journaliste demande à sa rédactrice en chef des explications, Virginie Bagouet indique qu’elle s’est vu répondre : « Servier est content ».

Anne Prigent réfute en bloc : « Nous ne faisons pas valider nos articles par Servier, ni par aucun autre laboratoire. Il peut arriver qu’il y ait relecture, au niveau scientifique, par des experts, pour des précisions techniques. Les conférences sont souvent en anglais et on décrit rapidement des choses complexes, qui peuvent nécessiter des éclaircissements. » Contacté, le laboratoire Servier n’a pas souhaité répondre aux questions du Monde.fr

Pourtant, des échanges de mails que Le Monde.fr a pu consulter posent question. On y constate qu’une directrice de clientèle d‘Impact Médecine est en relation régulière avec un cadre de Servier à propos d’articles à paraître. « Pour la relecture, êtes-vous là vendredi ? », lui demande-t-elle. Ce dernier répond : « N’hésitez pas à m’envoyer les articles à relire. » Quelques mails plus tard, il écrit à la directrice de clientèle : « Je vous confirme que nous ne souhaitons pas voir figurer le graphique. »

« LES RÉDACTIONS SE METTENT AU SERVICE DES LABOS »

Pour expliquer les censures qu’elle dénonce, Virginie Bagouet avance une raison avant tout économique. « Je n’ai pas le chiffre précis mais la publicité des laboratoires représente l’essentiel des revenus de la revue », précise la journaliste qui poursuit : « A chaque fois qu’on a voulu parler du Mediator, on nous a répondu que, la dernière fois que le journal avait critiqué Servier, celui-ci n’avait plus commandé de publicité durant six mois, mettant en péril les finances. »

Le député PS Gérard Bapt, président de la mission d’information parlementaire sur le Mediator, a reçu Virginie Bagouet. Il se dit « scandalisé ». Et tout particulièrement par un épisode cité par la journaliste : à l’occasion d’un dossier sur la rhumatologie, la moitié de son article a été, selon elle, réécrit et un encadré vantant les mérites d’un médicament de Servier inséré à son insu.

L’article était signé d’un prête-nom : une certaine Claire Bonnot. Une signature utilisée, d’après la journaliste, pour tous les articles vantant les produits du laboratoire. « C’est faux, répond la directrice de la rédaction, Anne Prigent. Claire Bonnot est un pseudonyme utilisé depuis des années pour les articles écrits ou modifiés par la direction de la rédaction, en aucun cas uniquement pour Servier. »

« En commission, les responsables d’Impact Médecine nous ont assuré que cette  personne existait, qu’il s’agissait d’un article écrit de manière indépendante. En fait c’était faux, tout avait été relu et corrigé chez Servier », fustige Gérard Bapt, furieux de ce « chantage à la pub ». « Les rédactions se mettent au service des labos parce qu’il faut vivre », constate l’élu, qui estime que la pratique touche la plupart des journaux spécialisés à destination des médecins.

« LES MÊMES PRESSIONS DANS TOUTE LA PRESSE »

Si Virigine Bagouet a quitté la revue, elle ne se fait pas d’illusion : « Je pense que j’aurai du mal à retrouver un travail dans la presse médicale, sourit-elle. Je n’ai pas eu à pâtir de ce genre de pratique avec d’autres laboratoires, mais je sais que cela existe. » Et d’ajouter : « Servier a un mode de communication un peu archaïque, les autres sont plus subtils dans leurs techniques de communication. »

Et le problème de fond demeure : « La crise rend cette presse encore plus dépendante des annonceurs. » Même un scandale comme celui du Mediator ne suffit pas à ébranler ce rapport de force. « Ce qui m’a décidé à témoigner, c’est de voir la presse médicale nier en bloc et jouer la vertu. C’est grave », estime la jeune femme.

Pour Anne Prigent, « les pressions dans la presse médicale sont les mêmes que dans toute la presse. Nous y répondons de la même manière. Les labos sont nos annonceurs principaux, c’est clair. Mais on fait notre travail avec éthique. »

Gérard Bapt, lui, se montre pessimiste : « Il est difficile d’encadrer les pratiques de la presse médicale. On évoque la possibilité d’imposer des espaces de publication pour les agences officielles mais cela n’aura pas un impact énorme. Ce sont les instances de régulation de la publicité qui devraient agir. » L’élu souhaite toutefois que ces expériences incitent les médecins à prendre du recul lors de la lecture de ces revues,« qui ne sont bien souvent que du matraquage pour certains produits« .

Sources : Samuel Laurent, lemonde.fr

jeudi, 31 mars 2011

Radioactivité de l’air avec FUKUSHIMA: les dissimulations de la France (encore !) et du département américain de l’énergie

COLERE ET INDIGNATION !

Alors que les masses d’air contaminé ont été détectées en Islande, en Suède, en Finlande et en Allemagne, la CRIIRAD dénonce les dissimulations du Département de L’Energie des Etats-Unis (2).

Elle réitère son appel à se mobiliser afin que tous les résultats d’analyse du réseau du CTBTO soient rendus publics.

Les Etats qui s’y opposent doivent être identifiés :
c’est par exemple le cas de la France.

Chaque citoyen doit connaitre l’identité de ceux qui le privent d’informations fiables sur le niveau de radioactivité de l’air qu’il respire.

La CRIIRAD a lancé, mercredi 23 mars, un appel international pour que soient rendus publics tous les résultats d’analyse de la radioactivité de l’air.

L’appel concernait tout particulièrement les données du réseau international mis en place dans la cadre du Traité d’Interdiction Complète des Essais nucléaires (TICE ou CTBT) (3). Ayant en effet mission de détecter toute élévation de la radioactivité de l’air susceptible d’indiquer qu’un essai nucléaire a été effectué en violation du traité, les laboratoires du réseau sont équipés d’instruments de détection très performants et répartis sur l’ensemble de la planète. Chaque Etat a accès aux résultats de l’ensemble du réseau ; les résultats d’analyse lui sont envoyés quotidiennement.

Pour visualiser l’animation montrant la détection de la contamination par les différentes stations de mesure au fur et à mesure de la progression des masses d’air contaminé, cliquer sur : http://www.bfs.de/de/ion/animation.gif

La CRIIRAD réitère avec force cet appel et précise qu’elle ne demande pas la publication de quelques chiffres, dûment sélectionnés par les gouvernements et leurs experts, elle veut TOUS LES CHIFFRES !

AUX ETATS-UNIS, le Département de l’Energie a rendu publics des résultats qui ne rendent pas compte de la réalité de la contamination.

Ce jour, 25 mars 2011 (14h30 heure française), les informations qu’il diffuse sont toujours limitées aux résultats enregistrés à Sacramento, en Californie, dans la nuit du 16 au 17 mars 2011, soit 0,165 mBq/m3 pour l’iode 131.

Or, grâce au graphique mis en ligne sur le site du BfS (4), la CRIIRAD a pu avoir accès à l’évolution de l’activité de l’air en iode depuis le 17 mars. La courbe relative à la station de mesure de Sacramento est en orange.
Accéder au graphique (données actualisées au 23 mars 2011)

On constate que, dès le lendemain, la contamination en iode 131 dépassait 4 mBq/m3, puis 10 mBq/m3 dans la nuit du 18 au 19 mars, une valeur 60 fois supérieure à celle de l’avant-veille.

Depuis lors, et jusqu’au 23 mars, l’activité de l’iode 131 dans l’air de Sacramento est restée supérieure à 1 mBq/m3. Le Département de l’Energie reçoit en continu les résultats d’analyse. Il est donc parfaitement informé et à même de mettre ces données à la disposition du public.

La CRIIRAD demande la

publication de l’intégralité des données de tous les laboratoires du réseau du CTBTO :
résultats jour par jour, pour tous les radionucléides mesurés,
pour toutes les stations de mesure, aux Etats-Unis comme dans les autres pays,
et ce depuis le 10 mars 2011 afin de disposer de valeurs de référence.

L’iode 131 n’est que l’un des nombreux radionucléides présents dans l’air.

La CRIIRAD souhaiterait par exemple connaître l’évolution de l’activité du xénon 133 enregistrée à 100 mBq/m3 par le Laboratoire National du Pacifique Nord-Ouest, dans l’Etat de Washington, entre le 16 et le 17 mars. Il s’agit d’un gaz rare radioactif, qui est généré par les fissions qui se produisent au sein des réacteurs et qui est nécessairement présent dans les rejets radioactifs de FUKUSHIMA DAIICHI.

Dans les Etats nucléarisés, les populations n’ont généralement pas été consultées sur le développement de programmes nucléaires. Quant aux habitants des Etats non nucléarisés, ils sont exposés aux risques et aux pollutions d’une technologie qu’ils n’ont pas choisie.

Dans un tel contexte, la moindre des choses est quand même de garantir une totale transparence sur les niveaux de radioactivité dans l’air que chacun respire.

L’OBLIGATION DE SUBIR
– en tout cas aujourd’hui –
NOUS DONNE LE DROIT DE SAVOIR (5)

La CRIIRAD rappelle le contenu de son communiqué du 23 mars 2011 : le fonctionnement du réseau international de laboratoires mis en place dans le cadre du traité d’interdiction complète des essais nucléaires est financé par les Etats, et donc par les citoyens de ces Etats, ceux-là même qui sont privés des informations ainsi acquises.

Si l’information est confisquée alors que les niveaux de risque radiologique sur les pays occidentaux sont, à ce jour, relativement faibles, que se passera-t-il lorsque les enjeux économiques et sanitaires seront majeurs ?

Il faut donc obtenir une transparence totale et permanente sur les résultats d’analyse du réseau international de contrôle de l’air.

TOUS LES CHIFFRES DOIVENT ETRE ACCESSIBLES :
  • CEUX D’AUJOURD’HUI afin de suivre, jour après jour, l’impact des rejets radioactifs de la centrale nucléaire de FUKUSHIMA DAIICHI qui, deux semaines après le début de la crise, ne sont toujours pas maîtrisés.
  • CEUX D’HIER pour faire le bilan de toutes les pollutions passées, et éventuellement cachées aux populations ;
  • CEUX DE DEMAIN pour ne plus se retrouver, comme ce fut le cas pendant près d’une semaine sans aucun résultat sur l’activité de l’air alors qu’il s’agit d‘un paramètre clé pour l’évaluation du risque sanitaire.
La CRIIRAD invite chaque citoyen – en France ou à l’étranger – à intervenir auprès des autorités de son pays afin que mandat soit donné à l’Organisation du Traité d’Interdiction Complète des Essais nucléaire (OTICE/CTBTO) pour rendre publiques toutes les données relatives à la contamination de l’air.

Il importe que soient connus de tous le nom des Etats qui refusent de donner ce mandat et qui interdisent donc la publication des chiffres.

C’est aujourd’hui le cas de la France.

Saluons en revanche la position des organismes officiels en charge de cette question en Autriche et en Allemagne qui ont passé outre les interdits, considérant que le maintien du secret sur ces données n’est pas compatible avec la réglementation de leur pays.

Sans les informations – partielles mais précieuses – qu’ils ont publiées ce communiqué n’aurait jamais été rédigé.
Accéder aux données actualisées : http://www.bfs.de/de/ion/aktivitaet... Document en pdf.

Corinne CASTANIER

ANNEXES
(1) Volet n°1 : Les chiffres relatifs à la contamination de l’air existent mais ils sont confisqués par les Etats ! ( sur AgoraVox )
(2) Extrait de wikipédia : Le département de l’Énergie des États-Unis (United States Department of Energy, DoE), est un département de l’administration fédérale américaine, responsable de la politique énergétique et de la sûreté nucléaire. Ses domaines de compétences incluent le programme national d’armement nucléaire, la fabrication de réacteurs nucléaires pour la Marine des États-Unis, la gestion des économies d’énergie, la recherche liée à l’énergie, la gestion des déchets radioactifs et la production domestique d’énergie. Le ministère soutient également la recherche scientifique dans d’autres domaines, et plus que n’importe quelle autre agence fédérale américaine, notamment au travers du réseau des laboratoires nationaux. Voir : http://www.energy.gov/news/10194.htm
(3) CTBT pour Comprehensive Nuclear-Test-Ban Treaty. Voir : www.ctbto.org
(4) Bundesamt für Strahlenschutz (Office Fédéral de Protection contre les Rayonnements). Les données publiées par le BfS proviennent du BGR (Institut Fédéral des Géosciences et des Ressources Naturelles), organisme recevant pour l’Allemagne les données du CTBTO.
(5) « L’obligation de subir nous donne le droit de savoir » Jean ROSTAND.

Source : CRIIRAD, agoravox.fr, Bundesamt für Strahlenschutz (Allemagne), Office Fédéral de Protection contre les Rayonnements)

vendredi, 25 mars 2011

"Accro au sexe et au jeu, il accuse le médicament Requip !"

Didier Jambart, atteint de la maladie de Parkinson, aurait développé une addiction au sexe et au jeu provoquée par son traitement…

Le médicament Requip a-t-il brisé la vie d’un homme ? Le Tribunal de grande instance de Nantes doit rendre sa décision ce jeudi pour déterminer si le laboratoire GSK connaissait ou non les effets secondaires du médicament Requip, entre 2003 et 2005.

Un homme, Didier Jambart, 51 ans, réclame réparation pour l’addiction au sexe et au jeu provoquée, selon lui, par le Requip, un médicament du laboratoire GlaxoSmithKline qu’il prenait pour soigner sa maladie de Parkinson.

« J’avais une pêche d’enfer, j’étais comme dopé

C’était comme un Kärcher dans la tête, je n’étais plus maître de rien », a indiqué cet ancien cadre habilité secret-défense aux chantiers d’armement DCNS. Soigné pour la maladie de Parkison, cet homme « sans histoires », marié et père de deux enfants, avait vu son comportement changer radicalement après l’administration en 2003 de cette préparation destinée à stimuler la production de dopamine.

« Les 4-5 premiers mois, j’avais une pêche d’enfer, je me levais à 4h du matin pour courir 10, 25 kilomètres, j’étais comme dopé. Mais après, c’est allé plus que trop loin », a-t-il confié.

L’enfer prend d’abord la tournure d’un besoin compulsif de jouer qui l’amène à dilapider les économies familiales et à voler les coordonnées bancaires de collègues et de proches, ce qui lui vaut un déclassement professionnel. Puis se développe, en plus, une hypersexualité tout aussi compulsive qui le conduit à s’exhiber sur Internet, à se travestir et à se faire violer.

« Ma vie a été brisée, ma famille et moi sommes devenus des pestiférés », a ajouté Didier Jambart, qui affirme avoir commis huit tentatives de suicide, et a été décrit par l’un de ses avocats comme « normal au plan de la morale, de la légalité et de son intégration à la société » avant les faits.

Un nouveau scandale sanitaire?

Les troubles ont cessé après l’arrêt du traitement en 2005, non sans avoir provoqué un « traumatisme psychologique majeur résultant directement des épisodes d’hypersexualité et de jeu pathologiques », selon les avocats du plaignant, qui s’appuient sur plusieurs expertises.

En 2006, la Commission régionale de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux des Pays de la Loire avait établi une causalité directe entre les comportements évoqués et le Requip. Et Didier Jambart avait bénéficié d’un non-lieu pénal pour les délits commis sous l’empire du médicament.

Pour l’un des avocats du plaignant, Me Marot, ce médicament de grande série mis sur le marché français en 1997 a souffert d’« un défaut d’information loyale« de la part du laboratoire, qui a selon lui réalisé un « bénéfice considérable » avec cette préparation.

« Comme dans l’affaire du Mediator, l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire) n’a pas fait son boulot », a estimé Jacqueline Houdayer, présidente de l’association d’aide aux patients Cadus, qui soutient Didier Jambart.

« Aucun indice d’effets indésirés »

Me Jacques-Antoine Robert, pour GlaxoSmithKline, a assuré que « sur la base des données scientifiques de l’époque, il n’existait aucun indice d’effets (indésirés) du Ropinirole », la molécule utilisée.

Admettant la possibilité d’une « réaction extrêmement rare », il a estimé qu’en l’espèce le dossier ne contenait « pas assez d’éléments de preuve pour établir une causalité » et a réclamé une expertise judiciaire.

Le patient, qui avait refusé une indemnisation de 30 000 euros de l’Office national d’idemnisation des accidents médicaux, réclame 450 000 euros de dommages et intérêts au laboratoire et à son ancien neurologue.

Sources : lexpress.fr, ladepeche.fr, 20minutes.fr

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mardi, 22 mars 2011

Opacité renforcée sur le prix des prothèses dentaires : dites merci à nos chers et vieux sénateurs :-(

Le Sénat a supprimé mercredi dernier l’obligation faite aux dentistes d’indiquer sur leurs devis le coût de revient des prothèses.

Les tarifs proposés aux patients varient pourtant quasiment du simple au double selon les praticiens…

Les consommateurs n’y gagneront pas, mais les chirurgiens dentistes peuvent se réjouir. Les sénateurs se sont prononcés mercredi pour la suppression de l’obligation faite aux praticiens de mentionner le prix d’achat des prothèses qu’ils proposent à leurs patients. Cette indication était devenue obligatoire depuis l’application de la loi «Hôpital, patient, santé, territoire» (HPST) en mars 2010, et visait à introduire davantage de transparence dans les prix pratiqués par les chirurgiens-dentistes.

Car les prix des prothèses varient quasiment du simple au double selon les cabinets, analysait en février dernier l’organisme mutuelle.com. Des tarifs qui dépendent de plusieurs facteurs : de la qualité de la prothèse, de la notoriété du dentiste, du quartier où il exerce, mais aussi du niveau de couverture médicale du patient. «Il est presque de règle que le praticien s’informe de celle-ci, de sorte que cette couverture complémentaire contribue de facto à tirer les prix à la hausse et bénéficie en bonne part au prestataire de soins», notait la Cour des comptes dans un rapport publié l’année dernière.

Pas de répercussion des importations sur les prix

Disparates, les tarifs pratiqués sont aussi particulièrement élevés. Citant un rapport de 2005 publié en Belgique, la Cour des comptes relevait que le prix d’une pose de prothèse en France est 2,5 fois supérieur à celui d’une pose de prothèse en Allemagne, lui-même 25% plus onéreux qu’aux Pays-Bas.

Circonstance aggravante pour les praticiens français : la part croissante des modèles importés (de l’ordre de 15% en 2010 selon l’association dentaire française) ne s’est jamais répercutée sur le prix moyen pratiqué par les chirurgiens dentistes. Pourtant, le coût de revient de ces prothèses fabriquées en Chine, à Madagascar ou en Afrique du Nord est trois fois moindre (40 euros contre 120 euros) que celui des modèles fabriqués en France.

«Concurrence insuffisante»

Conséquence, c’est 10% de la population française qui se trouve contrainte de renoncer aux soins dentaires en raison de leur coût, souligne l’institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes). Globalement, les frais dentaires constituent à eux seuls plus de la moitié des prestations médicales auxquelles les patients renoncent pour ce motif.

C’est en vertu de ces constats que la Cour des comptes plaidait l’année dernière pour que les devis proposés aux patients incluent le prix d’achat de la prothèse. «Améliorer la transparence aiderait à remédier à une concurrence aujourd’hui insuffisante», estimait l’institution.

«Lobbying intensif»

Les sénateurs, pourtant, en ont mercredi décidé autrement. Gilbert Barbier, à l’origine de l’amendement supprimant cette obligation, s’en explique : «Le texte était pratiquement inapplicable. Si l’on veut calculer le prix de revient d’une prothèse, il faut décortiquer tout un tas de frais annexes, explique-t-il. Par ailleurs, pourquoi n’imposer cette obligation qu’aux seuls dentistes, et non aux garagistes par exemple ?», s’interroge-t-il. «Les dentistes ont eu le sentiment d’être montrés du doigt. Sachons raison garder», est venu appuyer mercredi en séance le ministre de la santé Xavier Bertrand.

Leurs électeurs apprécieront et sauront s’en rappeler aux prochaines élections. Gageons que leurs mutuelles soient plus que confortables…

Autre argument avancé par les sénateurs : les prix des actes dits «conservateurs» (détartrage, traitement d’une carie, dévitalisation…) seraient sous-évalués par la sécurité sociale. «Cela fait dix ans qu’ils n’ont pas été réajustés. Cela explique que les dentistes compensent parfois en augmentant leur marge sur les prothèses», avance Gilbert Barbier. Pourtant, d’après la Cour des comptes, une partie de ces tarifs ont été réévalués de 30% en 2006. Parallèlement, les prix des prothèses ont continué à progresser à un rythme annuel de plus de 3%…

Pour l’UFC-Que Choisir, la situation est claire. «Le lobbying intensif des professionnels a eu raison de l’intérêt des patients», déclarait jeudi Cédric Musso, directeur des relations institutionnelles au sein de l’association, dans les colonnes du «Parisien-Aujourd’hui» en France. «Les dentistes ne sont pas des professions commerciales. En tant que professionnels de santé, ils n’ont pas à faire de profit sur la vente de matériels».

Directeur des relations institutionnelles au sein de l’association de consommateurs UFC-Que choisir, Cédric Musso regrette que les sénateurs soient revenus sur la transparence qu’ils avaient instaurée en 2009 :

Les sénateurs ont voté hier la fin de l’obligation des dentistes d’afficher le prix d’achat des prothèses. Qu’en pensez-vous ?
Cédric Musso : Le lobbying intensif des professionnels a eu raison de l’intérêt des patients. C’est aussi un pied de nez aux recommandations de la Cour des comptes, sur lesquelles s’était pourtant appuyée la commission des Affaires sociales du Sénat lorsqu’elle s’est prononcée en faveur de cette mesure en 2009.

Xavier Bertrand a défendu l’amendement, faisant valoir hier devant les sénateurs que le texte initial était inapplicable…
C’est toujours ce qu’on dit quand on veut changer une loi. Cet argument avait déjà été soulevé devant la commission des Affaires sociales en 2009. A l’époque, il avait été rejeté, la commission indiquant que cette réforme était non seulement faisable mais souhaitable pour les consommateurs.

Les partisans du texte ont mis en avant la rémunération des dentistes, qui n’a pas été réactualisée depuis plusieurs années…
Ce n’est pas en créant du brouillard informatif et des artifices tarifaires qu’on va régler leurs problèmes. S’il y a un problème d’honoraires, qu’on le règle clairement.

Qu’est-ce qui vous choque le plus ?
D’abord, le fait que les dentistes puissent désobéir impunément : ils ont refusé d’appliquer la loi depuis l’ordonnance de mars 2010, qui l’a rendue tout à fait applicable. Les lois sont faites pour être appliquées. Ensuite, il faut tout de même rappeler que les dentistes ne sont pas des professions commerciales ; en tant que professionnels de santé, ils n’ont pas à faire de profits sur la vente de matériels. C’était d’ailleurs un des fondements de l’article 57 de la loi HPST, qui permettait de distinguer le prix de la prothèse et celui des prestations associées.

Source : lefigaro.fr, leparisien.fr, Sénat

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dimanche, 20 mars 2011

Pr Narbonne : « Notre poison quotidien », de Marie-Monique Robin, accumule les contre-vérités ! (2/2)

Sur France Culture, vous avez déploré que son film donne peu la parole aux experts…

Le choix des témoins est déterminant. Pour répondre aux questions sur les pesticides elle aurait pu interroger les experts en charge des problèmes d’impacts chez l’homme ou l’environnement. Au contraire elle interroge le chargé de communication de l’Union des industries de la protection des plantes, c’est-à-dire les fabricants de pesticides, qui depuis 20 ans tient un discours caricatural issu des meilleurs temps de la société nationale Rhône Poulenc. Son discours est une illustration de la langue de bois, qui nie toutes les évidences scientifiques et ne se base que sur les reconnaissances judiciaires des liens de causalité. Ce n’est donc pas le meilleur interlocuteur pour informer les Français sur les risques liés aux pesticides. Tout est comme ça, instruit à charge. Donc c’est les lobbies qui font la loi, les évaluations des agences ne servent à rien, les experts publics (INSERM, Université, CNRS, INRA) sont tous sous l’influence des lobbies industriels… Il devient évident que tout scientifique qui remet en cause l’interprétation des « lanceurs d’alerte » ne peut être qu’un vendu aux lobbies industriels. Cela coupe donc court à toute discussion scientifique. C’est désespérant. Elle enfonce des portes ouvertes avec une histoire cousue de fil blanc. Pourtant il y avait des choses à dire sur l’origine des maladies chroniques. A la place, on suscite l’émoi comme le fait le gouvernement en exploitant les faits divers liés à la sécurité ou à l’émigration.

Dans le film il y a aussi une séquence sur les perturbateurs endocriniens et les effets cocktails. Marie-Monique Robin laisse entendre que les agences sanitaires ne traitent pas ces problèmes.

Evidemment rien n’est plus faux. Le problème des perturbateurs endocriniens est à l’ordre du jour des agences depuis 1995, ce qui correspond d’ailleurs à la sortie du livre Our stolen future de Theo Colborn que j’avais fait inscrire à l’ordre du jour de mon groupe de travail du Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF). Ce sujet a été repris par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) et un pré-rapport a même été rédigé, puis plusieurs fois remanié et finalement n’a jamais été finalisé du fait de la complexité du problème. D’ailleurs après plus de 15 ans de réunions et de colloques, aucun document donnant les bases de l’évaluation des risques n’est sorti, du fait de l’absence de consensus (même entre les experts de l’Afssa/Anses).

Le problème fondamental est que l’on n’est pas sur des effets santé (type reprotoxicité ou cancérogenèse) qui peuvent se traduire par l’apparition de maladies chez le rat ou chez l’homme, mais sur un problème d’implication dans des mécanismes d’action complexes, multi-étapes, présentant un effet « hormesis » ou il n’y a pas de linéarité de la relation dose effet. Ainsi, certains experts dont je suis, proposent dans ce cas de ne pas se baser sur les DJA mais d’avoir une approche systématique MOE et MOBB comme dans le cas des cancérigènes génotoxiques (substances sans seuil). Il n’y a pas de consensus international sur une telle approche, mais c’est cette démarche que nous appliquons a titre de complément à l’approche DJA dans notre comité à l’Anses et qui est indiquée dans nos avis. Si Marie-Monique Robin avait interrogé les experts  de l’Anses au lieu de témoins improbables étrangers, on lui aurait sans difficulté présenté les bases scientifiques de nos approches. Mais évidemment cela n’aurait pas conforté le sens qu’elle avait décidé de donner à son reportage.

Revenons aux cocktails…

Pour ce qui concerne les cocktails, les scientifiques travaillent sur le sujet depuis plus de 10 ans que ce soit du point de vue moléculaire ou épidémiologique, en santé humaine ou en écotoxicologie. D’un point de vue historique nous avons toujours été exposés à des cocktails de substances synthétisées par l’homme ou de substances naturelles. Ce que l’on peut dire c’est que les doses d’expositions globales ont fortement baissé aujourd’hui par rapport aux années 1970 mais que la nature de ces cocktails a changé… D’ailleurs la première application réglementaire à des cocktails a été pour les composés dits « dioxine-like » avec le concept TEF et TEQ, s’est ensuite étendue aux composés oestrogéno-mimétiques avec le concept du EEQ (oestradiol équivalant) et est aussi utilisée par l’Anses pour les mélanges d’hydrocarbures aromatiques polycycliques avec le concept du BEQ (Benzo-a-pyrène équivalant). Dans mes cours de toxicologie je traite évidemment des effets cocktails en citant les nombreuses publications sur ce sujet depuis une dizaine d’année. On parle d’ailleurs de cocktails d’occurrence (mélange de contaminants tels que retrouvés le plus souvent dans l’environnement) ou de cocktails de produits appartenant à une même famille c’est-à-dire ayant le même mécanisme d’action. Ces travaux sur les cocktails portent aussi bien sur les mammifères que sur les animaux aquatiques, ainsi que sur de très nombreuses substances chimiques (pesticides, métaux lourds, détergents, hydrocarbures….). Ce que l’on peut dire c’est que le plus souvent c’est le phénomène d’additivité qui se rencontre et que les phénomènes de synergie existent mais sont moins fréquents. Dans plusieurs cas on ne retrouve même que l’effet d’une seule substance en général la plus toxique.

Dire qu’il n’y a que 2 laboratoires qui travaillent sur ce sujet en Europe est une évidente contre-vérité (une de plus). Qu’une journaliste d’enquête vienne expliquer aux experts ce que c’est qu’un perturbateur endocrinien est en quelque sorte le monde à l’envers. D’ailleurs que ce soit aux USA, au Canada ou en France, lorsque les agences ont demandé aux pseudos associations de scientifiques, de fournir de nouvelles bases qui d’après eux pourraient servir de base à une nouvelle évaluation des risques pour ces perturbateurs endocriniensn, aucune réponse n’a été fournie. Leur seule solution est l’application imbécile du principe de précaution, comme dans le cas des biberons au bisphénol-A (BPA). On ne répond pas à un problème sanitaire mais on fournit à un député et à son agence de communication l’occasion d’être médiatisé.

Où en est-on du suivi de la population ?

Comme indiqué plus haut, l’évaluation des risques pour la population Française se base sur les nouvelles approches en complément à la référence DJA. Au niveau de l’Anses les marges d’exposition sont calculées à partir d’études dites de diète totale dites EAT. Il y a eu deux études l’une en 2004 et une en 2010 dont les résultats sont en cours de publication. Cette dernière étude porte en particulier sur les perturbateurs endocriniens. D’autre part un plan de biomonitoring dit ENNS a été lancé par l’Institut national de veille scientifique en 2006. Comme aux Etats-Unis, en Allemagne ou au Canada, on recherche des biomarqueurs d’exposition dans les urines et le sang, comme je le préconisais dans mon livre Sang pour sang toxique. La France a pris du retard au démarrage (l’Allemagne en est à son V° programme, les Américains ont publié les résultats de leur quatrième rapport), mais les programmes sortent maintenant. Le premier programme date de 2005 et portait sur les dioxines et les PCBs. On a déjà des données très intéressantes sur les pesticides, les PCB et les métaux lourds. Il est donc étonnant que tous les résultats présentés par des ONG, des lanceurs d’alerte ou des politiques à la recherche d’électeurs soient relayés sans aucun contrôle par les médias, alors que toutes les informations diffusées par les Agences indépendantes qui ont été créées dans la période 1999-2001 sont systématiquement ignorées. Le dernier exemple caricatural  est celui des « menus toxiques » chez les enfants de 10 ans publiés par Génération Future qui parle de débordement des substances chimiques dans notre alimentation. La communication est basée sur le nombre de produits chimiques détectés (fortement sous-estimée d’ailleurs puisque ne comportant aucun polluant émergeant) et non sur les quantités détectées. Or de façon surprenante les dosages montrent des teneurs parmi les plus faibles mesurées dans les aliments des Français. On voit donc que pour susciter l’émoi dans la population on « arrange » la présentation des résultats. La manipulation ne vient donc pas uniquement des lobbies industriels mais devient aujourd’hui une spécialité de certaines ONG.

Quels enseignements peut-on tirer d’ores et déjà des études de biomonitoring ?

La question qui va se poser c’est celle de la différence entre les produits dits naturels et les produits chimiques. Aujourd’hui, parce que la réglementation est plus stricte, les doses de produits de synthèse autorisées sont de plus en plus faibles et on trouve des contaminants chimiques à des niveaux moins importants que certains produits alimentaires, c’est-à-dire le contraire de ce qui arrivait autrefois. Par exemple, on est exposé deux fois plus aux phytoestrogènes (des composés végétaux ayant des effets proches des hormones) qu’aux phtalates (plastifiants) et 100 fois plus aux phtalates qu’au bisphénol A. Quand on sait que le biberon ne représente que 4 % de l’exposition totale au bisphénol A, on s’interroge sur certains effets d’annonce comme l’interdiction des biberons contenant du bisphénol A pendant que toute la population est exposée aux phtalates dont personne ne parle. Or les Agences sanitaires ont mis comme priorité l’élimination des 4 phtalates les plus toxiques d’ici 2018 (le temps de trouver de substituts moins toxiques dans le cadre de REACH). On voit donc comment on détourne l’attention du public et comment on utilise la sensibilité du public à des fins politiques  ou commerciales (green washing).

Finalement votre livre « Sang pour sang toxique » et celui de Marie Monique Robin « Notre poison quotidien » partent des mêmes constatations sur l’augmentation des maladies, le nombre de molécules chimiques exposant le fœtus et même sur certaines pratiques des lobbies  industriels mais vos interprétations sont très divergentes.

Etant fondamentalement écologiste depuis 1968 j’ai décidé d’être un acteur dans l’amélioration de la santé de notre planète et de l’homme en m’impliquant fortement au niveau de la recherche (je suis l’un des rares pionniers des biomarqueurs en France), avec toutes les difficultés inhérentes à ma démarche (fermeture de mon laboratoire en 1998, exclusion de plusieurs comités scientifiques en France et en Europe où on n’acceptait pas mes critiques, sacrifices financiers et familiaux) mais je me suis toujours refusé d’être un protestataire systématique. Comme expert public indépendant je me suis toujours refusé à adhérer à un parti politique (ce ne sont pas les sollicitations qui ont manqué) ou à une association. Pour moi la rigueur scientifique a toujours été ma référence, l’expérience du terrain l’emportant toujours sur les dogmes.  Je me demande de quels soutiens bénéficie Marie-Monique Robin pour être aussi médiatisée et avoir micro et caméra ouverts sur les chaines de télévision. Ce que je sais c’est qu’il y a une forte tendance politique pour demander la suppression de agences sanitaires, pour un transfert de l’évaluation des risques à des lobbies associatifs privés formidablement illustrés par WWF ou le Réseau environnement santé.

C’est ce que certains appellent l’expertise citoyenne, dont on a déjà entendu parlé et qui est une déviation du rôle des associations qui ont la pleine légitimité de lanceurs d’alerte et de « boosters » des pouvoirs publics, mais qui ne doivent en aucun cas avoir des fonctions d’expertise scientifique. Nous avons proposé plusieurs fois à ces leaders d’opinions de candidater comme experts à l’Anses si le travail effectué est si critiquable puisque l’appel à expert est renouvelé tous les 3 ans. Evidemment ces personnes préfèrent manipuler l’opinion publique et nos élus que de participer dans l’ombre à l’évaluation scientifique des risques.

Qu’avez-vous pensé du débat qui a suivi la diffusion du documentaire sur Arte ?

Je crois que ceux qui ont vu le film sur Arte ont bien compris. Après la diffusion, il y avait une sorte de débat bien sûr sans contradicteurs, ni aucun des experts mis en cause dans le reportage et qui auraient pu s’expliquer.

C’est bien dommage ! On aurait pu demander à Marie-Monique Robin de préciser les conditions de tournage ou de sélection des témoins retenus au montage. Mais il y avait surtout la présence d’un porte-parole du Réseau environnement santé, et tout le monde aura compris la connivence qui existait entre Mme Robin et lui. En fait le reportage assène les mêmes contre-vérités scientifiques que celles véhiculées par cette association et réitère les mêmes accusations mensongères sur la soi-disant soumission de tous les experts des agences aux lobbies industriels. Mais comment la quarantaine d’experts venant de l’INRA, du CNRS de l’INSERM ou des universités et composant un CES pourrait-elle être vendue aux « fabricants de biberons en plastique contenant du BPA » ? Comment de tels arguments peuvent-ils avoir un début de crédibilité ?  Comment imaginer que les chercheurs membres des CES et travaillant tous les jours dans leurs laboratoires publics sur les perturbateurs endocriniens et leurs cocktails (je pense en particulier à Jean-Pierre Cravedi, du laboratoire INRA de Toulouse et travaillant en particulier sur le bisphénol-A, expert français auprès de l’EFSA, membre du réseau européen de recherches CASCADE sur les perturbateurs endocriniens) pourraient-ils rendre des avis à la solde des industriels contredisant tous les résultats de leurs recherches ? Les sommes qui devraient leur être versées pour se renier ainsi devraient les rendre redevable de l’ISF !

L’émission aurait donc pu s’appeler : comment les talents d’une journaliste d’investigation médiatisée servent des réseaux d’influence. Belle opération qui n’aura finalement pas abusé grand-monde malgré un matraquage médiatique hallucinant.

Pour aller plus loin, cliquez ici.

Ou ici.

samedi, 19 mars 2011

Pr Narbonne : "Notre poison quotidien", de Marie-Monique Robin, accumule les contre-vérités ! (1/2)

  • Le Pr Narbonne, professeur de toxicologie à l’université de Bordeaux et expert auprès de l’Anses est considéré comme l’un des meilleurs spécialistes français
  • Dans cette interview exclusive, il réagit vivement à la diffusion du film de Marie-Monique Robin, « Notre poison quotidien »

LaNutrition.fr : Quel est le point de vue du toxicologue sur le film de Marie-Monique Robin, « Notre poison quotidien » diffusé le mardi 15 mars 2011 sur Arte ?

Pr Jean-François Narbonne : Sa première enquête sur Monsanto était bienvenue. Elle montrait les enjeux économiques qui sous-tendent la stratégie de cette entreprise. Avec « Notre poison quotidien », il y a deux problèmes : ce qu’elle raconte est uniquement à charge, et comme elle n’a pas de formation en toxicologie, elle accumule les approximations. Certes, beaucoup de faits qu’elle rapporte sont exacts et ont déjà été rapportés, mais c’est l’interprétation qu’elle en fait qui est totalement orientée. On est dans le militantisme dévoyé et pas le journalisme d’enquête. C’est désespérant !

Un exemple ?

Son film commence par le problème des agriculteurs malades de leurs pesticides. Il s’agit là de la question de la reconnaissance des maladies professionnelles qui n’est que le reflet de l’état catastrophique de la médecine du travail en France. Cette absence de reconnaissance est bien connue et dénoncée depuis longtemps. Les pesticides sont par définition des substances toxiques (c’est d’ailleurs marqué sur les étiquettes avec toutes les phrases de risques associées) et leur manipulation sans précaution ne peut qu’aboutir à des maladies neurologiques, hépatiques, ou des effets cancérigènes ou reprotoxiques. Après une phase d’omerta qui a duré une trentaine d’années les études épidémiologiques  se sont multipliées en France depuis 2000 et les effets chez l’homme ne sont plus discutés aujourd’hui. En revanche, la reconnaissance comme maladie professionnelle répond à d’autres critères plus politiques, et chez les agriculteurs le problème est compliqué du fait d’une exposition à des cocktails complexes qui en plus ont évolué au cours du temps. Il est donc très difficile d’établir la traçabilité et d’identifier un responsable. On se demande donc quel est le but de cette première séquence comme illustration de « notre poison quotidien ».

Elle critique aussi le concept de dose journalière admissible ou DJA

Oui. Selon Marie Monique Robin, la DJA, sur laquelle seraient basées les évaluations des agences sanitaires ne serait pas protectrice en termes de santé publique. Pour bien comprendre la portée de cette critique il faut un rappel historique. Ce concept a été établi dans les années 1950 en recherchant par des études chez les rongeurs la dose n’ayant pas d’effets toxiques (NOAEL) et en l’extrapolant à l’espèce humaine en appliquant un facteur de sécurité qui en général est égal à 100. Quand on regarde son film, on a l’impression que ce facteur de sécurité de 100 a été adopté au petit bonheur la chance.  Rien n’est plus faux. Ce chiffre a été déterminé par le Pr René Truhaut (que j’ai eu brièvement comme professeur et dont il est d’ailleurs présenté plusieurs extraits d’interview en noir et blanc dans le film) à partir des résultats d’études toxicologiques comparatives entre plusieurs espèces (rat, chien, lapin, singe) et entre plusieurs individus (petits, adultes, males, femelles). De plus depuis 50 ans de nombreux experts ont essayé de le contester en fonction de l’évolution des connaissances. Or toutes ces tentatives n’ont fait que confirmer la pertinence de ce facteur de sécurité en lui donnant des bases toxicocinétiques et toxicodynamiques. En plus beaucoup de DJA, comme celles du cadmium, du plomb, du mercure, des PCBs ou des dioxines sont aujourd’hui basées sur des expositions fœtales ou post-natales. Je ne m’étendrai pas sur les évolutions des outils d’exploration des effets santé qui sont passés de l’histologie au microscope optique aux outils de biochimie et de biologie moléculaire.

N’y a-t-il vraiment aucun problème avec cette DJA ?

En fait le problème de la DJA, c’est qu’elle est basée sur une étude dite pivot tenant compte de l’effet le plus sensible pour une exposition pendant la vie entière. Or il peut y avoir plusieurs types d’effets tout au long de la vie. Depuis 2005, l’approche DJA a été complétée par deux nouvelles approches. La première est celle dite de margin of exposure (MOE) qui est le rapport entre le seuil auquel apparaît un effet toxique (BMDL) et le niveau d’exposition d’une population spécifique. Il suffit de lire les derniers avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) pour constater que c’est de cette façon que sont évalués les risques. La deuxième approche part du fait que l’on dispose de plus en plus de données sur la dose interne de contaminants chez l’homme (dosages sanguins, urinaires par exemple) et que par les résultats d’études épidémiologiques on peut situer le seuil critique à partir duquel apparaissent les effets santé. On peut donc calculer la marge existant entre la charge corporelle d’une population et le seuil critique. On appelle cela margin of body burden (MOE). Les premières évaluations de ce type en France ont commencé dés 2005 à l’initiative de l’Institut national de veille sanitaire (Invs) pour les dioxines et les PCBs, et les chiffres concernant les pesticides viennent d’être publiés. En dehors des biomarqueurs d’exposition il existe maintenant des biomarqueurs d’effets (en particulier ceux liés aux effets mutagènes, cancérigènes et perturbateurs endocriniens) applicables directement chez l’homme et participant à ce que l’on appelle l’épidémiologie moléculaire. Ces biomarqueurs et bioessais sont d’ailleurs détaillés dans mon livre Sang pour sang toxique avec des exemples d’application. Mais dans son film, Marie-Monique Robin passe sous silence cette évolution. Faire croire que rien n’a changé depuis les années 1950, c’est purement de la désinformation !

Le film revient sur les risques de cancer attribués à l’aspartame

Elle fait un sujet sur l’aspartame en nous racontant des histoires économiques sur la situation américaine et la manière dont l’aspartame y a été autorisé dans les années 1980. Tout cela est connu depuis longtemps, et surtout qu’est-ce que ça a à voir avec la situation en Europe ? En fait, les incertitudes portent sur les effets neurologiques, et non pas sur les effets cancérigènes. Le problème c’est que ses témoins ne sont pas les experts qui ont étudié le dossier mais les fonctionnaires des agences qui sont les gestionnaires des services et qui n’ont qu’une vue générale des dossiers. De plus dans de nombreux cas ces responsables viennent de l’industrie, ce dont elle a l’air de s’étonner. Mais d’où pourraient venir des personnes qui ont l’expérience de la gestion de dossiers d’homologation ou d’autorisation ? Sûrement pas majoritairement de la recherche publique. Mais ce ne sont pas eux qui font les expertises, ils ne font que la gestion des dossiers et la coordination matérielle des expertises.

Pr Narbonne : Notre poison quotidien accumule les contre-vér...

Sur l’aspartame, elle pointe des incohérences sur les raisons avancées par l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) pour contester les résultats de l’étude italienne de Morando Soffritti qui trouvait plus de cancers chez les rats nourris à l’aspartame.

Elle va demander à Hugues Kenigswald, qui dirige l’unité sur les additifs à l’Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA) pourquoi cette agence a rejeté les conclusions de la première étude de Morando Soffritti. Il lui dit que c’est parce que les vieux rats ont des inflammations pulmonaires qui peuvent être la cause de cancers pulmonaires. Donc Marie-Monique Robin va voir ensuite Soffritti qui se régale de démonter l’argument en disant qu’il y a eu autant d’inflammations chez les rats nourris à l’aspartame que chez les rats témoins. Mais la vraie raison du refus de la première publication par l’EFSA (celle utilisant des doses inférieures à la DJA) c’était que l’augmentation des cancers n’est significative que chez les femelles, et que les témoins femelles (qui n’avaient pas reçu l’aspartame) présentaient deux fois moins de cancers que ce qu’on constate d’ordinaire sur les femelles appartenant à cette souche particulière (témoins historiques).

En fait il n’y avait pas augmentation des cancers chez les traités mais diminution des cancers « spontanés » chez les témoins.  C’est la raison pour laquelle on n’a pas accepté cette publication.  Les experts de l’EFSA ont d’ailleurs dû insister auprès du Dr Soffritti pour obtenir les valeurs des témoins historiques de son institut. Le problème des inflammations pulmonaires des rats en fin de vie fait partie des altérations physio-pathologiques dues à la vieillesse  (pouvant toucher aussi bien les témoins que les traités) et qui constitue une des raisons pour lesquelles le protocole officiel arrête les études de cancérogenèse après un maximum de 24 mois d’exposition et n’attend pas la mort des animaux d’expérience  contrairement au protocole « original » de l’équipe Soffritti.

Le film laisse entendre que des informations importantes seraient dissimulées au public

Pour nous persuader qu’on nous cache des choses, Marie-Monique Robin ressort le rapport de l’Académie des Sciences selon lequel les décès par cancers associés à la pollution ne représenteraient que 0,5 % des cas de cancers. Pour commencer on se demande en quoi l’Académie des Sciences ferait référence en termes de santé publique. Ensuite, ce rapport est basé sur les données de l’Agence internationale de recherches sur le cancer chargée de classer les substances cancérigènes. Ce classement se base sur des cohortes de travailleurs exposés et les cancers reconnus maladies professionnelles. Dans ce cas il n’y a aucun doute sur les substances impliquées. Il s’agit donc de très peu de substances par rapport à celles présentes dans notre environnement. Ce rapport ne répond donc pas à la question posée sur l’implication des substances chimiques dans l’augmentation de l’incidence de certaines maladies. En fait cette question a fait l’objet d’une saisine de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) et a fait l’objet d’une expertise collective de l’INSERM.  Dans l’avis rendu public, il est indiqué que plus de 50 % de l’augmentation des cancers au cours des 30 dernières années avaient une origine environnementale, avec une composante liée aux produits chimique qui ne pouvait être quantifiée, la seule relation suffisamment établie étant chez les agriculteurs.  Marie-Monique Robin ne parle évidemment pas de cet avis, puisqu’elle se positionne nettement comme un « lanceur d’alerte ». En ce qui concerne les pesticides il faut savoir que l’on est passé de 1300 substances actives à 250 aujourd’hui. Il s’agit comme d’habitude de passer sous silence ou de dénigrer tout le travail des agences sanitaires.

La suite demain !

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jeudi, 26 février 2009

Scandale : “La Règlementation Européenne sur le Bio est Laxiste”

Par Sandra Gérard, publié le 23/02/2009 14:30 dans L’Express.

Au coeur du salon de l’agriculture, le bio a toujours sa place. Pourtant la nouvelle règlementation européenne, moins stricte que ne l’était la française, fait craindre la culture de produits d’une qualité moindre. Les réponses d’Anne-Laure Gaffuri, déléguée exécutive de l’association Bio consom’acteurs.

Une nouvelle règlementation europénne harmonisant le cahier des charges en matière de culture biologique pour l’ensemble des états membres a été mis en place début janvier. Qu’en pensez-vous?

“Cette règlementation est laxiste par rapport à celle qui était en vigueur en France jusqu’alors. Si elle en conserve effectivement certains principes indispensables, elle autorise des comportements que l’on ne peut accepter. Les produits biologiques peuvent être contaminés par des OGM jusqu’à hauteur de 0,9%, l’alimentation des animaux avec des produits de la ferme dont ils sont issus n’est plus obligatoire et il est possible de procéder à une mixité “bio/non bio” au coeur d’un même établissement. Autrement dit, la production de produits biologiques côtoie celle de produits qui ne le sont pas.”

Quelles sont les conséquences pour les consommateurs?

“Parmi les personnes que nous avons interrogées, la plupart ont peur que des produits bio soient contaminés par les OGM car ils connaissent l’existence d’un seuil de contamination autorisé. Par contre, ce qu’ils ne savent pas forcément, c’est comment cette contamination peut avoir lieu, principalement par la production conjointe sur une même exploitation de cultures bio et non bio. Cette méthode accroit largement les possibilités de contamination. La probabilité pour un consommateur de se trouver face à un produit contaminé par des organismes transgéniques est, de fait, beaucoup plus élevée.”

printemps-bio-coccinelleIl est également interdit pour un pays d’établir une règlementation interne plus stricte que l’européenne. Comment faire pour obtenir des produits bio qui répondent à des critères de qualité au moins équivalents à ceux de l’ancienne règlementation française?

“Les nouvelles règles européennes ont mis fin au principe de subsidiarité qui permettait à chaque état d’avoir son propre cahier des charges, mais elles ne touchent pas les marques privées. La Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB), des producteurs et des consommateurs vont donc créer officiellement le 25 février une association, “Alternative Bio 2009″. Elle aura pour objectif de peaufiner le cahier des charges déjà bien avancé d’un tout nouveau label privé dont les contraintes sont encore plus restrictives que ne l’était la règlementation française. Il garantira des produits à 0% d’OGM et intègrera des mesures environnementales et sociales qui prendront en compte les facteurs transport et emballage entre autres.”

 
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